Disruption, le dernier album de Vulgaires Machins, est sorti est 2023. Mais comme les québécois n’ont pas trouvé de distributeur en France tout de suite puis, lorsque cela a été le cas, les frais de port pour l’achat d’un vinyle étant prohibitifs, depuis deux ans je l’écoute, à mon grand regret, en version numérique. Aussi n’ai-je pas laissé passer l’occasion d’enfin faire main basse sur ce disque exceptionnel lorsque j’ai vu le groupe sur la scène de La Cigale hier soir.
Disruption est un album très intéressant dans le sens où Vulgaires Machins a composé des morceaux très prenants, très dansants, très enthousiastes, et a posé dessus des textes sombres, dépressifs, désenchantés, des textes d’où débordent un mal-être tangible et un profond mal de vivre. Une apparente antinomie en réalité bien plus compliquée qu’elle en a l’air (cela démontre surtout que Vulgaires Machins a énormément de talent à revendre). Asile illustre à merveille mon propos : un morceau (le meilleur de l’album) dont la musique file la patate et donne envie de danser, mais dont le texte pousserait plutôt à s’accrocher dans le garage.
Mais l’album se termine néanmoins sur une note joyeuse avec Je lève mon verre, hymne à la tolérance et à la fraternité. Une sorte de Salut à toi version québécoise, si l’on veut. En tout cas, je vous fiche mon billet que vous n’aurez qu’une seule envie lorsque vous aurez terminé d’écouter Disruption, celle de l’écouter à nouveau sans attendre !