A l'aube de l'année 1994, Suede a déjà commis un Hold-up dans les charts Anglais avec son premier album éponyme en se retrouvant propulsé dès la première semaine numéro un. La jeunesse retrouve dans ce groupe la fierté d’être Anglais après des années de vache maigre musicale. Logique alors qu'ils deviennent avec Blur et Oasis les portes-étendards d'une nouvelle scène musicale, la mal-aimée Britpop.


Pourtant malgré ce succès, l'enregistrement du nouvel album débute dans un climat plutôt morose et tendu, le guitariste Bernard Butler vient de perdre son père et est très affecté et puis surtout il ne supporte plus l’ego surdimensionner du chanteur Brett Anderson. Il se détache de la vie du groupe et sombre peu à peu dans la mélancolie.
Il quitte définitivement le groupe avant la fin de l'enregistrement, de plus en plus critique vis à vis du travail de production d'Ed Buller et laisse derrière lui un chanteur addict aux acides le soin de finir le disque.


« Dog Man Star » s'ouvre sur une inquiétante ligne de basse avec l'hypnotique «  Introducing The Band », véritable rupture avec le son du 1er album qui annonce une direction plus expérimentale et mélodramatique.
La suite montre un groupe qui ne lâche rien, insufflant toujours une bonne dose de glamour à leurs compositions (les tubes «New Generation » et « Hollywood Life »).
mais par dessous tout, c'est la voix de Brett Anderson qui impressionne, moins crâneuse, plus juste, elle est parfois pleine de rage sur « We Are The Pigs » ou alors pleine de sensualité (écouter « The wild ones », « The Power » ou « Still Life» pour comprendre ce digne héritier de Bowie).
Le disque se conclut avec les incroyables « The Asphalt World » et ces neufs minutes lunaires (ce qui sera le chant du cygne pour Butler qui quittera le studio après ce morceau) et « Still Life », morceau de clôture avec cordes et cuivres somptueux, une chanson bouleversante avec un Brett Anderson héroïque... Le diamant noir du disque.


Le deuxième album de Suède restera comme le meilleur, le plus inspiré et le plus bouleversant, pourtant le public se détourne du groupe, le trouve trop sombre et les ventes de « Dog Man Star » seront faibles malgré les critiques unanimes de la presse musicale.
Suede repartira pourtant au front avec l'album « Coming Up » avec à la clef leur plus gros succès et trouvera avec Richard Oakes, un nouveau guitariste virtuose tout aussi inspiré.

Créée

le 6 déc. 2018

Critique lue 381 fois

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