Louis Matute est suisse d'origine hondurienne. Il a choisi de faire de cet album, comme des précédents, mais en peut-être plus introspectif, le miroir de son histoire.
Mais parlons d'abord musique. Sur cet album, j'oscille entre enthousiasme et déception. Enregistré au studio parisien de la Frette, connu pour son acoustique inspirant chaleur et énergie vitale, de fait, on ne peut que confirmer cette impression de douce chaleur enveloppante. On est sur un jazz parfois facile à appréhender, les tonalités latines aident, parfois plus ardu, qui m'abandonne comme un malheureux sur une aire d'autoroute.
Pour ce qui est des thèmes évoqués, les thématiques sont celles du déracinement, de la famille, de l'intimité de vivre dans ce déracinement, et donc, un classique dans ce cas, et c'est bien compréhensible : la quête de l'identité. On se promène entre Honduras, Brésil et Europe, celle-ci étant vécue comme une entité unique. Et ça me va bien. Les voix qui chantent (souvent des femmes) sont belles, envoutantes. Louis Matute cherche à nous amener dans son engagement pacifiste et pacifique.
Alors, oui, vous l'avez compris, la chaleur organique a beau être agréable et dominante, la complexité stylistique qui prend certains titres peut me perdre un peu. Il y a une exigence qui n'est pas à juger, mais qui parlera moins à des gens comme moi, qui essayent régulièrement de s'ouvrir à cette musique et donc qui peuvent avoir besoin d'un peu plus de simplicité.
Mais comme souvent dans le jazz moderne (et celui-ci est loin, malgré tout, d'être le plus ardu), la vérité sera sans doute en concert.