Je ne pense pas pouvoir faire une critique réellement objective de cet album, tant il a bercé mon enfance et mon adolescence. Mon papa, vieux rockeur, était tombé amoureux de ce disque. Étant né en 92 et l'album sorti en 94, je ne vous fais pas de dessin, je le connais de la première à la dernière note, sur le bout des doigts. Et je le comparerais à la Madeleine de Proust, il me fait cette même chose. Me propulse en arrière, faisant mon pouls s'accélérer à peine ayant entendu ces deux premiers coups de charley, ce "I declare i don't care no more", cette frénésie, qui ne prendra aucune pause jusqu'à la dernière note de F.O.D..
C'est un vrai album de punk, je dirais même un album de puriste, malgré toutes les railleries qu'il peut provoquer. Le charley à la croche ne s'arrêtant jamais et ajoutant de la nuance "ouvert/fermé" au jeu de guitare très simple de Billie Joe, la basse soutenant les mélodies, simplement aussi, mais efficacement et ce don qu'a M. Armstrong pour composer des mélodies incroyables, harmonisées à la perfection, et sa voix, encore gutturale à cette époque, qui ajoute le soupçon de haine qu'il fallait. On dirait du Ramones perfectionné, poussé à son paroxysme. Green Day qui, ces 15 dernières années nous ont prouvés qu'ils étaient vide de toute substance, et bien pire qu'un cliché d'eux-mêmes, auparavant nous avaient aussi prouvé qu'ils étaient: un vrai bon groupe de punk rock grâce à Dookie, et un vrai bon groupe de pop grâce a Nimrod. Leurs deux indispensables.