Le ciment semble avoir tenu, à quelques exceptions près ...

Écouter le groupe pose un cas de conscience qui n'est pas anodin aujourd'hui, le récent reportage sur une plateforme télévisuelle (que je n'ai pas regardé cependant) accentuant l'indécence vis à vis de son ex-chanteur directement lié à la violente tragédie de cet été 2003.


Reculons quelques années en arrière. Revenons en 1991. Le clip de "En Route Pour La Joie" passe sur M6, avec ses images extraites de concerts qui donnaient à imaginer la vive ambiance générée par le groupe sur scène. D'emblée, question de quelques jours, la cassette de Du Ciment Sous Les Plaines répondit présent parmi la cassettothèque qui s'agrandissait. Un soir, un pote à qui je fis découvrir et moi l'écoutâmes, débutant un intérêt commun qui allait forcir dans l'avenir pour le rock des quatre bordelais. Ici, plus nerveux et plus fiévreux, ce rock de Noir Désir duquel le chanteur était considéré à cette période comme le Jim Morrison français, sobriquet probablement éjaculé d'une masturbation journalistique ; le point commun entre les deux chanteurs, pour sûr, est qu'ils avaient un père militaire.


Bref ... Ne nous éloignons pas du sujet.


L'album, enregistré comme le précédent au studio ICP à Bruxelles, est considéré comme le canard boiteux de la discographie du groupe, mais contient de bons titres, à commencer par "No No No" et bien évidemment "En Route Pour La Joie" dans lesquels on entend le violon toujours présent de François "Bubu" Boirie. Partageant ou disputant - point de vue personnellement sélective - le sommet du fronton, "The Holy Economic War" ne fait guère pâle figure. Et le torturé rageur"Tu M'Donnes Le Mal" ainsi que "The Chameleon", ce dernier repris au groupe punk australien, The Saints. Et le pesant "Si Rien Ne Bouge", qui connaîtra une seconde vie comme ouverture lors des derniers moments d'activité du groupe sur la tournée de Des Visages Des Figures. Celle de 1991, de tournée, faillit coûter la santé aux quatre membres qui finirent épuisés, sans parler des mauvaises réceptions de critiques qui n'avaient pu s'empêcher de faire couler l'acide le long de quelques colonnes vis à vis de l'œuvre décriée qu'il fallait défendre. Parmi les ratés dans ce disque, en liste peuvent se mettre "La Chanson De La Main", lourde et pénible qui saoule rapidement et peut-être "Les Oriflammes".


L'écoute ravive de vieux souvenirs, comme d'avoir déliré sur "Le Zen Émoi" contenant ses deux brèves pointes d'humour, guitare et castagnette qui répliquent à "O sole mio !", avant l'outro vrillé des notes ivres qui accompagnaient des ambiances d'état d'ébriété d'une jeunesse pouvant être aussi crétine qu'insouciante.


C'est désormais bien derrière, tout ça !


"Il faut savoir freiner son émoi ..." : il n'a pas su le faire hélas celui qui, des années plus tard, commença à tomber en disgrâce.


petits ajouts apportés à la critique le 29 mai 2025




MonsieurScalp
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le 26 mai 2025

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MonsieurScalp

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