Earthling
6.7
Earthling

Album de David Bowie (1997)

En 1997, le vieux monde découvre la House, la Dance et associés. C'est l'époque de l'émergence de The Prodigy, pour le meilleur, mais aussi de Gala, pour le beaucoup moins meilleur. La scène rock, anglaise généralement, ne s'en tient pas là et espère se réchauffer à ce nouveau soleil (Happy Mondays si on veut et Primal Scream incontestablement, par exemple). Le père Bowie, comme on aurait pu s'en douter, se colle à cette "nouveauté" dont il a expérimentée les babillages gutturaux lors de ses séjours à Berlin de la fin des années 70, puis le mariage avec la disco dans sa période New-yorkaise des années 80, ça promet!
Ça promet d'autant plus que s'il y a un truc que David Bowie sait faire c'est sublimer un courant musical qu'on aurait supposé lui être étranger de prime abord: il a fait de la Soul sa chose sur Young Americans, il a domestiqué les prémisses de l'électro sur Station to Station, a devancé, ou plutôt, révélé la Cold Wave naissante durant sa trilogie berlinoise, a donné un regard vairon à la Disco à partir de Let's Dance. En 1995, il a retrouvé toutes ses audaces avec son album 1. Outside qui visite le métal industriel. Alors c'est vrai pourquoi pas révolutionner la House deux ans plus tard?
Malheureusement, il semble que sur Earthling, Bowie révolutionne moins la House que la House n'étouffe Bowie dans ses grands bras pleins de sueur. Les instrus, parfois poussives, parfois désagréables, presque toujours répétitives font passer un sale 3/4 d'h à l'entreprise du musicien et à la patience de l'auditeur (en tout cas de l'auditeur que je suis); La syncope électronique ne rend pas hommage au talent d'écriture de l'artiste non plus, Les boucles peu imaginatives de la musique le poussent souvent à des reprises d'un même motif simpliste, quand elles ne rendent pas les paroles carrément inaudibles. A mon avis, pour un ratge, Earthling est un ratage complet mais qu'on se rassure, les avis d'autres internautes de SC prouvent qu'il s'agit d'un sujet à controverses et laissent ouverte la question de savoir si, oui ou non, n'est-ce pas plutôt moi qui ai de la merde dans les oreilles?
Par ailleurs, une petite note d'optimisme de bon aloi (et non de bon Dégobert...) pour finir: je sauve avec grand plaisir Seven Years in Tibet dont la qualité ne peut que contredire mon courroux et avec indulgence Telling Lies pour une raison qui m'échappe un peu pour le moment.
RobinV
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le 20 sept. 2013

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