A l'écoute de ce merveilleux "East Side Story", on se demande ce qui a pu clocher, pourquoi Difford/Tilbrook ne sont pas devenus les Lennon/McCartney des 80's, tant ils en possèdaient l'évidente facilité à créer de petits chef d'oeuvres mélodiques de 3 minutes, audacieux et inoubliables. Et puis, on découvre des chroniques terribles de la vie quotidienne, à vous briser le coeur, des histoires de vies perdues dans l'alcool, de dérives solitaires qui n'ont même pas le bon goût de l'élégance, et n'en sont que plus tristement empathiques, tout une peinture crue d'un prolétariat anglais à la dérive, comme si Ray Davies avait enlevé ses lunettes roses et sombré dans le coma éthylique. [Critique écrite en 1990]