Chico Hamilton - El Chico (1965)
On reste avec Chico Hamilton pour cet album d’août 1965, « El Chico », avec cette attitude peu amène de notre batteur sur la photo de pochette. Pourtant cet album est une nouvelle fois synonyme d’ouverture vers les autres musiques, particulièrement les musiques latines, comme la rumba ou la bossa nova. La composition du groupe vérifie d’ailleurs ce balancement déjà entrevu sur « Passin’ Thru ».
Quelques-uns sont toujours là, comme le guitariste Gabor Szabo et le contrebassiste Al Stinson, mais d’autres arrivent. Jimmy Cheatham est au trombone, Sadao Watanabé à l’alto et à la flûte et deux percussionnistes sont présents, Willie Bobo et Victor Pantoja.
La musique de Chico est toujours égale à elle-même, séduisante, agréable, épicée aux aromates exotiques des îles ou du sud, toujours aussi facile à appréhender, une musique qui s’écoute et se livre sans effort. Cette aisance est à mettre au compte des musiciens, la base rythmique est fantastique, les percussionnistes bien sûr qui sont deux et ne se reposent pas, trouvant une place centrale dans cette rigueur rythmique, pourtant souple, légère et subtile.
Chico n’est pas le dernier à assurer la mise en place, en dialogue avec Al Stinson, vraiment impeccable. Quant à Gabor Szabo il est devenu encore plus central dans le son du groupe et son rôle est majeur. Les deux autres solistes, Jimmy Cheatham et Sadao Watanabé s’aquitent de leur tâche avec tout le sérieux attendu.
« Conquistadores (The conquerors) » qui ouvre la face deux est vraiment très plaisant, c’est une pièce improvisée lors de la session d’enregistrement, on se sent pris dans un tourbillon, comme de l’intérieur. Chico balance et envoie en chauffant les troupes, sans surprise c’est Gabor qui improvise sur cette section rythmique bien chaude et pas très sage, et ça envoie !
« El Moors » est une compo de Chico qui ajoute encore un peu d’exotisme, mais cette fois en s’inspirant de la musique d’Afrique du nord entre ballade en droma et charmeur de sepents. Vient ensuite « Strange », pièce interprétée en 1959 par le groupe de Chico alors qu’y officiait Eric Dolphy, un hommage, donc.
Vraiment un chouette album de saison de la part de Chico Hamilton, musique qui convient bien à l’été, à la fête et à la chaleur !