Muriel Grossmann – Elevation – (2020)
Je ne sais trop ce qui a présidé à l’existence de cet album, vu que c’est une compile parue en deux mille vingt. En fait, elle regroupe des extraits de deux albums seulement, et même plutôt récents. Trois titres sont issus de « Momentum », paru en novembre deux mille dix-sept, qui n’a connu que le format Cd, alors que cette compile n’existe qu’en vinyle, peut-être un début d’explication. Les deux autres titres proviennent de « Natural Time », sorti en janvier deux mille seize, dont je vous ai déjà parlé sur ce fil.
Ecouter Muriel Grossmann c’est l’assurance d’avoir le sourire aux lèvres après quelques notes seulement, elle n’a pas son pareil pour ressusciter Coltrane, c’est sa marque de fabrique et elle le fait bien. Elle est assistée par le merveilleux guitariste Radomir Milojkovic que j’apprécie énormément, chacun de ses solos me procure un immense plaisir et attire l’attention et la concentration.
Les trois premières pièces, deux sur la face A et la troisième début face B contiennent trente et une minutes de musique en provenance de « Momentum » donc, de quoi largement parcourir l’album et en apprécier cette sélection très « spiritual music », tout en n’épuisant pas le sujet toutefois, car l’album d’origine est particulièrement copieux.
C’est la même formation qui se trouve sur les deux albums, incluant Uros Stamenkovic à la batterie et Gina Schwarz à la basse. Il y a une grande stabilité dans l’entourage musical de Muriel qui cultive son jardin au mieux, à Ibiza la mercantile.
Les deux extraits issus de « Natural Time » s’inscrivent parfaitement dans la même lignée, si bien qu’on ne ressent, à l’écoute, aucun changement notable dans l’esprit de l’album, comme s’il n’était qu’un, issu de la même session, ce qui n’est évidemment pas le cas.
Les pièces sont donc toutes excellentes, issues du même moule, réservant à l’auditeur son quota de bonne zique, certes prévisible, mais c’est précisément là que se situe l’attente, nul besoin de surprise. S’il fallait justifier l’achat, plus que dans le jeu de Muriel, c’est à l’écoute de Radomir que se situe la véritable originalité, le feeling qui va bien, alors il n’y a que de bonnes raisons d’écouter cet album et de le partager.