Youn Sun Nah With John Cowherd – Elles – (2024)
Voici le nouvel opus de Youn Sun Nah, paru en janvier, la chanteuse continue sa route avec la même grâce coutumière, imprégnant de sa touche si singulière chacun de ses albums. Ou bien est-ce une fausse impression, est-elle hantée par l’ombre d’Ulf Wakenius, débarqué alors que certains l’accusait de plagiat ? Au fil de l’écoute de cet album le passé remonte et, parfois, et même assez souvent, l’impression de réentendre des trucs plus anciens…
Pourtant l’évolution dans la forme est importante, déjà l’accompagnement, presque un duo ici, avec Jon Cowherd aux claviers, grand piano, upright piano, Fender Rhodes et Wurlitzer. Mais aussi Tomek Miernowski au piano préparé, au prophet et à la guitare sur « White Rabbit ». Exit les accompagnateurs de « Waking World » paru il y a deux années, et l’équipe à Jamie Saft sur « She Moves on » …
Pour mieux se resserrer sur son projet, Youn Sun Nah choisit de faire ce qu’elle pratique à la perfection : les reprises de chansons. Il faut lui accorder cette faculté, elle est capable de se hisser au niveau des plus belles interprétations de hits ou de standards, se situant d’emblée à égalité ou même au-dessus des prestations originales, plus d’une fois les poils des bras se dressèrent sans autorisation !
Du coup nous voici plongés face au jeu du « qui a interprété quoi ? », « Feeling Good » de Nina Simone ouvre le bal, puis « Cocoon » de Björk, « I’ve Seen That Face Before » de Grace Jones, « White Rabbit de Grace Slick, « Baltimore Oriole » de Sheila Jordan, « Coisas Da Terra » de Maria Joao, « La Foule » d’Edith Piaf et « Killing Me Softly With His Song » de Roberta Flack.
Il y a également deux standards, « My Funny Valentine » et le traditionnel « Sometimes I Feel Like A Motherless Child ». L’album est forcément excellent car les interprétations sont magnifiques, Youn Sun Nah fait un peu plus que simplement chanter car elle joue du kalimba et de la « Music Box ». Cet album pourtant ne rajoute pas énormément à sa gloire car tout ce qui est là semble surgi du passé, comme je l’indiquais un peu plus haut…
De mon point de vue, un album pour ceux qui ont déjà exploré les albums plus anciens, et en veulent encore…