Souvent les pochettes signées A.R. Penck se reconnaissent assez vite. Le titre Endless Jazz / After 997 correspond aux deux pièces de l’album, une sur chaque face. En vedette américaine sur la face une Clarence Sharpe qui, autrefois, participa assez anecdotiquement aux enregistrements de « Kwanza » et « For Losers » de Shepp sur Impulse. On retrouve également Coen Aalberts et Dennis King Charles aux batteries, Lisle Ellis à la basse et les deux éléments de TTT, le troisième, Heinz Wollny, est, je suppose, préposé à la prise du son, mais rien n’est écrit.
Cette équipe est réunie uniquement sur la face une, se lançant dans une longue jam improvisée comme on aime, c’est vif, sautillant, énergique et plutôt basique. Clarence Sharpe se lance bille en tête et cravache joyeusement. La présence des deux batteries assure une assise rythmique confortable d’autant que basse et guitare assument volontiers un soutien de qualité.
La face B « After 997 » fait place à un trio formé par A.R. Penck à la flûte et au piano, Franck Wollny à la basse et Dennis King Charles à la batterie, je suppose que Heinz est au son, mais c’est sans certitude. On parle plus souvent de Penck comme organisateur, peintre et graphiste que comme musicien, il y a sans doute une raison, mais l’intention est pure et cela seul compte. Un joli jeu de basse de la part de Franck, poussé par la batterie qui assure, le plaisir de jouer est là, il transpire et chacun a droit à sa prise de risque et repousse ses propres limites. Il existe une petite impro cachée à la fin de l’album, sans titre.
Un plaisir d’écoute sans cesse renouvelé.