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le 16 nov. 2014
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Formé en 2013 à Paris puis relocalisé à Chambéry en Savoie, Viande est un duo composé de J (anciennement dans le groupe de black Swarms Of Darkness, aujourd’hui disparu) et B (tête pensant de Nahar, groupe de black signé chez Avantgarde Music).
A propos du nom, sans doute l’élément qui vous a incité à lire cette modeste chronique, je cite J : « L'idée derrière Viande est de créer une musique qui soit le reflet exacte de la vision de la mort des membres du groupe. Il faut comprendre le nom "Viande" au sens de l'extrait du "Je Vous Salue Marie" : "le fruit de vos entrailles est béni". A savoir : Dieu=Homme=chair=mortalité possible. C'est le seul rapport à la religion du groupe. Viande n'évoque (sur ce disque en tout cas) que la mort. »
Vous voilà prévenus.
Ils se disent inspirés par le death old school (Autopsy, Incantation), plus récent (Teitanblood), le black bestial et quelques autres références hors metal, notamment indus et EBM (Swans, Haus Arafna).
C’est effectivement du black/death assez poisseux et régressif, fuyant toute forme de mélodie agréable à l’oreille avec des rythmiques hypnotiques programmées à la boîte à rythme, entre le death doomique rampant d’un Autopsy et la noirceur chaotique d’un Teitanblood. Le chant est ignoble, mêlant guttural infâme et chuchotements possédés.
Leur musique a clairement tous les éléments pour déranger et rebuter la plupart des oreilles non averties.
Moi (vous l’aurez deviné), j’adore. Ce côté bestial et moribond allié à des colorations presque martiales qui ajoutent un surcroît de saveur à cette viande avariée et pestilentielle. Ça évoque tout à fait ce qui est dit en intro : une vision de la mort dans sa forme la plus repoussante, la putréfaction et la damnation éternelles.
Le dernier morceau instrumental est particulièrement prenant : il est d’une lenteur abrutissante, un peu comme une interminable procession funéraire, et s’achève sur des voix –d’où le nom- spectrales qui finissent de plomber l’ambiance.
Peut-être qu’ils gagneraient à renforcer les influences indus et à développer la part ambient dans leur musique ; ils se démarqueraient encore davantage de leurs influences.
En attendant, les atmosphères sont vraiment denses, ce sont quelque vingt-six minutes des plus immersives.
C’est déjà très encourageant pour un début et je vous incite bien entendu à consacrer à cet EP au moins une écoute, ce si vous aimez les groupes précités. Et je leur souhaite de continuer dans cette voie, celle de l’agonie sans fin.
Retrouvez cette chronique sur le webzine auxportesdumetal.com
Créée
le 1 sept. 2022
Critique lue 5 fois
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