Après un premier album arrivé à temps pour rafler la coupe de "fer de lance de la scène néo metal" (Nu metal, mais comme on le nommait à l'époque), Pleymo remet le couvert, 3 ans plus tard, signé par un gros label, des moyens pour la prod' et pour la com'.
Leur premier album avait une recette simple, qui ne pouvait que fonctionnait en 1999:
singé Korn, Limp Bizkit et peut être moins évident Incubus (si Science et le boulot antérieur) pour la majeure partie, le tout en français et "ne partageant pas le même flegme" pour citer Keumar.
Pas mal de choses se sont passées au niveau de la scène "néo" internationale entre temps.
Des petits nouveaux ont pointés le bout de leur nez:
Slipknot a sorti deux albums, Static X aussi, Linkin Park, Papa Roach, Disturbed ont débarqué;
et l'ancienne garde Korn, Deftones, Incubus, Limp Bizkit, SOAD ont poursuivis leurs ascensions respectives.
Si je souligne ces faits avant d'attaquer plus en profondeur, c'est pour une raison très simple:
Vous retrouverez tout ceci dans cet album.
Bien sur, certains diront que je me fais l'avocat du diable, que ce ne sont que des influences et que c'est normal pour des groupes évoluant dans un même style...
Et là je répondrai catégoriquement non, et prendrai des contre exemples:
des groupes français étant assimilés de près ou de loin à cette scène, il y en a eu une une pléthore, et même avant eux.
Que ce soit: Mass Hysteria (plus indus/fusion à cette époque), Watcha, allé Artsonic... ces groupes là étaient là, bien avant eux, ont digéré certains ou tous les codes du style et les ont mis à leur sauce. J'ai fait exprès de ne pas citer de groupe de la Team Nowhere (bien que Watcha y soit passé non ?) car généralement, on reprend les mêmes travers plus ou moins dosés avec plus ou moins de talent.
Avec Pleymo, on en est à un tel point que l'on pourrait parler de pastiche, copier / coller, que l'on retrouve des riffs, des plans, des bouts de mélodies de tous les principaux groupes cités au dessus. Mais le jeune public de l'époque n'a majoritairement pas suffisamment de références pour se rendre compte de l'imposture; et le groupe et le service com' d'Epic records (rien que ça) ayant bien bossés pour enrober tout ceci d'une direction artistique rappelant les animes et mangas armés de clips reprenant ces codes et de la pub à gogo: le piège est en place:
Les petits nouveaux prenant le train Neo en marche n'y verront que du feu.
Et pour ajouter un tant soit peu de "street cred", le groupe se paie un producteur venu de la scène Hip hop, ayant bossé avec NTM. Ce qui explique peut être certains défauts dans le son des grattes.
Je n'avais pas posé les oreilles sur cet album depuis peut être 20 ans. Ayant bien écouté le premier, même si j'avais certaines réticences de par leur côté opportuniste bien trop calibré, mais ce second album ne m'a jamais plu. J'ai voulu le réécouter d'une nouvelle oreille, avec un certain recul. Mais même une forme de nostalgie n'a pas fait son effet.
Au contraire, le vol à l'étalage organisé par les patrons de la Team Nowhere n'en ai que plus flagran.
Et dire que c'était Le buzz de l'an 2000.