Nils Petter Molvær – Er – (2005)
Pour qui ne connaît Nils Petter Molvær que par le séduisant « Khmer » il faut noter que bien des années se sont écoulées, et que la signature musicale s’est modifiée, faisant place à une sorte d’ambiant et d’électro qui s’affichent ici…
L’album se nomme « ER », peut-être est-ce dû à la fin de « Peter » ou de « Molvaer », ou bien encore aux lettres finales des titres qui se succèdent, « Hover », « Softer », « Water », « Sober, « Darker », « Feeder » et « Dancer », seul « Only These Things Count », le titre chanté par Sidsel Endresen, échappe à la loi des suffixes.
« …er » quand il s’affiche ainsi fait montre d’une certaine supériorité, c’est le meilleur, le plus doux, le plus flottant ou le plus sombre, celui que l’on préfère… Mieux vaut se laisser guider par la musique, la trompette de Nils n’a pas cessé d’être davisienne, avec ou sans sourdine, elle n’est pas stridente et l’embouchure volontairement mal embouchée, laisse passer un flou un peu mou qui fait son petit effet…
Elle est belle et câline, va bien avec la guitare d’Eivind Aarset qui est de toutes les aventures, mais il y a cet électro puissante qui s’installe avec force dans les paysages, les batteries programmées, les samples qui déboulent, les claviers électro-trafiqués de quoi habiller les paysages, rythmer les machines et recouvrir les horizons et les ciels…
C’est tout de même plutôt beau, froid de loin, mais on se réchauffe en s’approchant, jusqu’à bouillir quand la musique recouvre et enrobe, comme dans un couffin, on s’y sent bien… Les voix vont bien et apporte un peu d’organique qui rassure, sur « water » par exemple, mais « Dancer » qui termine l’album donne bien envie de bouger, enfin tant que ce peut, car, décidément, l’ombre d’ECM rôde encore dans ces régions septentrionales…