En ces temps d'IA et d'art ultra-poli, d'oeuvres sans relief et qui tentent de plaire à tout le monde ; En ces temps de consommation abusive de contenu sonore et vidéo ;
Sleep Token.
Un album qui regroupe tout, et qui fait tout mal. Un album qui est un réservoir de dopamine rapide, sans aucun fil conducteur à part la voix mi-plaintive mi-agaçante du chanteur. On a déjà vu ce genre de chanteur mille fois, et le faire mille fois mieux, mais là on s'adresse à un public qui visiblement trouve ça novateur et ça fait mouche apparement, vu les commentaires en dessous des vidéos youtube, ça frôle l'idôlatrie, et la méconnaissance totale de n'importe quel autre style.
Des paroles vides et inspirées de déceptions adolescentes absolument banales, des ambiances incompréhensibles entre beats latins synthétiques et riffs "lourds" façon metalcore 2008 mais avec deux cordes en plus sur la guitare, le tout enrobé dans une production abyssale sans aucune abrasivité ni personnalité.
Rien dans cet album n'est impressionnant, le jeu de batterie est bon et le chanteur - malgré sa voix irritante - est plutôt doué, c'est déjà ça, mais il n'y a aucun moment de bravoure qui marque, aucun climax d'émotion, rien. Des refrains absolument inertes comme Infinite Baths, des intros façon sonnerie de veilleuse pour bébé comme sur Caramel, des synthés ringardos au possible sur Provider, bref.
Un album qui semble sortir de Suno tellement tout est convenu, robotique, plat, inintéressant.
C'est l'un des trucs les plus nuls que j'aie écouté ces dernières années. Un genre de Nickelback version 2025 et sans intention, sans âme.
Même l'artwork, entre le Cordyceps et le mur floral du bar gentrifié du quartier, est terne et fade.
C'est dommage car les débuts du groupe - j'ai fait l'effort d'écouter - Sundowning, leur premier album, qui, sans être exceptionnel, posait des bases cohérentes et esthétiquement bien plus intéressantes.