Il y a des gens, que je respecte beaucoup, qui considèrent "Everclear" comme le chef d'œuvre de American Music Club. La production, beaucoup plus chère, plus sophistiquée que sur ses prédécesseurs, et en particulier l'essentiel "Engine", a tendance à mon sens à jouer contre la musique, à tirer le groupe vers le mainstream, en décalage criant avec la singularité des chansons et surtout des textes si particuliers de Mark Eitzel. "Everclear" contient une poignée de morceaux magnifiques, tournant souvent autour de la souffrance et de la nostalgie de la perte… comme on en attend de la plume d'Eitzel et d'un groupe aussi "tordu" qu'AMC. Pourtant, dans l'ensemble, l'album dégage une impression brouillée, comme si les montagnes russes émotionnelles habituelles avaient un peu perdu de leur attrait à force de trop vouloir racoler le chaland. Non, décidément, le sommet du groupe, ce serait pour encore (un peu) plus tard… [Critique écrite en 1993, retouchée en 2015]