Hamid Drake, Albert Beger, William Parker – Evolving Silence Vol. 1 – (2005)
Avant d’aller plus loin, on remarque le nombre étonnant d’albums auxquels William Parker participe, c’est certainement l’un des musiciens les plus demandés de la sphère jazz, les compter semble presque impossible, sauf si on a devant soi un temps considérable à consacrer à une tâche qui, je pense, indiffère jusqu’au principal intéressé.
Le label, « Earsay » est également intéressant, puisqu’il est israélien, c’est probablement dû à Albert Beger, musicien natif de ce pays qui joue des saxs ténor et alto, ainsi que de la flûte, il a composé également les deux pièces qui sont jouées en trio.
La première « Naked Truth » est très réussie, les trois sont extraordinaires et très impliqués, Beger semble encore sous influence coltranienne, ça perce ici ou là, et la « spiritual music » éclate de tous ses feux !
Le premier échange improvisé à deux, « Duo # 1 », est également magnifique avec William Parker à la basse et Albert Beger à la flûte qui inventent une musique d’une beauté folle, s’essayant tous les deux à un duo rythmique avec leurs deux instruments.
Le second duo est tout aussi improvisé, réunissant Albert Beger au sax ténor et Hamid Drake à la batterie. Ce dernier assure un drumming riche et puissant, il joue en même temps des cymbales qu’il fait éclater de façon intense. Beger n’a plus qu’à se poser pour dynamiter le tout.
La dernière pièce « Rain Is Coming » voit William Parker utiliser la « harpe du chasseur africain » ou « doussn'gouni », les percussions qu’utilise Hamid Drake sont métalliques et africaines, shaker ou peut-être bâton de pluie, offrant une couleur pastorale et africaine à la pièce, il est vrai que la pluie arrive…
Beger joue de l’alto et déploie un solo plutôt magnifique qui nous conquiert d’emblée, et la ballade qui nous emmène loin est splendide, d’autant que l’on s’en sort sans une goutte d’eau, du fait de ce parapluie musical qui nous a accompagné tout du long…
Enregistré au « Submarine Studios » à Tel Aviv, le vingt-sept février deux mille-cinq.
Encore un qui vole très, très haut.