Voilà maintenant presque onze ans que je connais Unexpect, groupe que j'ai découvert avec leur excellent album, In a Flesh Aquarium. C'est quelques années ensuite que Fables of the Sleepless Empire m'est tombé entre les mains, et ce fût une découverte si incroyable que je me souviens avoir envoyé un e-mail au groupe (ils m'avaient même répondu !). Depuis, je n'ai jamais perdu cet album de "vue" comme il arrive trop souvent. Que ce soit sur mon iPod, mon téléphone ou ma playlist Youtube, vous pouviez être sûrs d'y trouver au moins The Quantum Symphony, que je tiens pour la plus réussie de l'album.
Fables of the Sleepless Empire est réellement une fable. Cet album a l'incroyable pouvoir de bâtir, par sa seule écoute, tout un univers. Cette capacité, en vérité, est surtout le propre du groupe, Unexpect, qui depuis Utopia, a su développer son style incroyablement éclectique et surprenant. Fables of the Sleepless Empire en est juste le point culminant, le summum, et par-là, le moins accessible. Beaucoup n'y verront qu'un vaste bouillon de cris, de bruits saturés, de guitares distordues, etc. Et c'est vrai, c'est ce que l'on y trouve. Mais c'est avec une rare technicité que Unexpect parvient à faire de toute cette agitation une véritable unité. Les périodes de frénésie alternent avec des périodes de pur raffinement.
C'est d'une main de maître que Unexpect nous guide à travers toute cette architecture baroque, bariolée de cris gutturaux et de chants clairs, de passages jazzy et de passages destroy. La ligne entre musique et cacophonie se brouille régulièrement, sans jamais être effacée. Et c'est cette capacité à maintenir l'équilibre qui fait que Unexpect a toujours été, pour ma part, un modèle de ce qui se fait de plus étonnant et travaillé dans le métal. La dissolution du groupe est une véritable perte, mais que pouvaient-ils faire de mieux après Fables of the Sleepless Empire ?