En dehors de la scie de "Rosy Won't You Please Come Home" et de l'horripilante "Dandy" (qui reprend la mélodie de "Good Morning" dans Chantons sous la pluie), ou peut-être encore de "Most Exclusive Residence for Sale", l'album tient très bien la route. Ils auraient dû conserver "This Is Where I Belong", "Dead-End Street" ou encore "Sittin' on my Sofa" à la place. Dommage.
Face to Face est clairement le premier album des Kinks à posséder dans sa discothèque. Et pas seulement parce que c'est ici qu'on trouve l'incontournable "Sunny Afternoon", qui est, au même titre que le "Happy Together" des Turtles, une référence absolue du son pop des sixties. Et on notera au passage que les Kinks semblent avoir particulièrement apprécié "The 19th Nervous Breakdown" des Rolling Stones paru en février 1966 ("Holiday in Waikiki" frise le plagiat - cela dit, "Connection" des Stones évoque pas mal "Party Line" qui est ici en ouverture).
C'est vraiment à partir de "Rainy Day in June" que l'album prend son envol en enchaînant les bons moments. On regrettera seulement que "Fancy" ne soit pas plus longue pour se développer vers quelque chose qui semblait vouloir prendre plus d'ampleur juste avant que ça coupe. C'est un brin frustrant. "You're Lookin' Fine", tombe en revanche comme un cheveu sur la soupe (enregistrée en 1965), évoquant beaucoup les Stones des débuts, tandis que la conclusion, "I'll Remember" (également de '65), et "House in the Country" rappellent les Beatles, et en particulier le style de George Harrison pour la première.
Les ajouts de la belle réédition 1998 apportent un véritable plus à l'album ("I'm Not like Everybody Else", "Dead-End Street", "Big Black Smoke" et "Mister Pleasant" notamment).