C’est un album un peu à part dans la discographie du power trio boogie-blues-rock-mesgonades texan première ère. C’est leur quatrième galette et, sur à peine un peu plus d’une demi-heure, on y trouve une face live et une face studio.
Zizi Top, quand on a 12 ans, on trouve le nom rigolo. A cette époque, les barbes sont encore courtes, les stetsons déjà visé sur les crânes et leur musique ne tente pas encore de sonner moderne (avec tous les errements que cela pourra engendrer par la suite). C’est du donc du son de 1975, du bon gros son à l’ancienne, batterie, basse, guitare avec pour le prix et en sus deux des membres aptes à chanter les morceaux. Autant dire que nous avons affaire là à de solides gaillards dans la totale maîtrise de leur art (mineur?).
La première face, live, nous donne 3 titres dont un medley de plus de 9 minutes qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe à ce stade de l’écoute (trop tôt). C’est surtout l’occasion pour le groupe de montrer à la fois d’où il vient et qui il est. En effet, entre le classique du rock’n’roll (Leiber & Stoller) et le medley blues (Willie Dixon et John Lee Hooker), le trio nous montre qu’il a bien digérer ses aînées et en même temps que tout cela passe aisément à la moulinette ZZ Top.
La seconde face, studio donc si vous avez suivi, est bonne, dans la lignée et qualité de ce que faisait le groupe à l’époque. Il comporte ce qui, à notre humble avis, est un classique de ce que nous appelons le blues blanc, nous voulons bien sûr parler de Blue Jean Blues. Sur un tapis de velours basse batterie, Billy Gibbons nous prouve, s’il était encore besoin de le faire, qu’il est loin d’être un manchot. C’est beau et triste, mélancolique. C’est bleu comme le ciel du Tejas un jour de canicule estivale. La galette se conclut par Tush (histoire d’un gars à la recherche de poussin si nous avons bien tout compris) qui entre instantanément dans les classiques du groupe. Un riff simple et efficace comme Billy en a le secret.
Pour conclure, nous soulignerons le côté un peu bâtard et bancal de l’objet. On se prend à rêver d’un album live entier de l’époque accompagné d’un vrai disque studio mais nous aurions tord de bouder notre plaisir.