Bien qu'inégal, cet album vieillit bien dans l'ensemble, avec en tête le trio
- "Commuter Love", ballade très “cinématique”, mêlant tragique et pathétique, avec un départ feutré, une guitare qui s'intensifie progressivement jusqu'au pic émotionnel “We could be prince and princess / in my dreams”.
- "National Express"
- "Generation Sex"
dans lesquels Neil Hannon exprime sa vision ironique et cynique des années 90 : une époque sexualisée et médiatisée en permanence ; une “libération” qui ressemble davantage à une mise en scène. Dans “Generation Sex”, le discours est formulé comme s’il était naturel d’avoir “plusieurs partenaires”, mais le texte dénonce en même temps un certain voyeurisme et l’obsession du spectacle (“as long as we can all watch…”, “telephoto lenses”, etc.) ; une audience manipulée par l’image, le contrôle social et le marketing. Le titre se moque d'un monde où l’on consomme du sexe comme contenu, tandis que la morale et la violence restent “derrière le rideau” (tabloïds, protection des puissants, hypocrisies). Le titre moque le discours “90’s” et son vernis progressiste, en suggérant qu’au fond on ne “sait pas mieux” (le refrain/outro ramène à l’idée que, peu importe, on devrait “s’y connaître” mais on continue quand même).
"Fin de Siècle" est marqué par une sorte d'angoisse pré-milléniale : après la "fête" vient l'inquiétude diffuse sur ce qui arrive juste après, amplifiée par les médias et le climat social.
Neil Hannon explore les thèmes de désillusion et de nostalgie, tout en abordant des questions sociales et culturelles dans un monde en pleine mutation, à la suite de la "Génération Désen-chantée" par Mylène Farmer, sortie également en fin de siècle (1991)...
Parmi les lyrics à savourer : "All human life is here / From the feeble old dear / to the screaming child / From the student who knows / that to have one of those / Would be suicide / To the family man / Manhandling the pram / with paternal pride"...
Les générations se succèdent et n'apprennent strictement RIEN.