La légende dit que Robert Smith aurait nommé son groupe en référence à ce vers extrait de Time has told me, la chanson qui ouvre l'album Five Leaves Left :
"Un remède trouble pour un esprit troublé".
Sur la pochette verte du premier des trois albums de Nick Drake, on voit l'artiste pensif dans une soupente, entre deux fenêtres.
Mélancolique et lumineux.
Aucun autre chanteur ne me fait cet effet.
J'ai oublié la date exacte de ma rencontre avec Nick, mais je sais que peu de temps après j'avais l'impression de le connaître depuis toujours.
À la fin des années soixante, Nick promena à Aix-en-Provence (ma ville natale) sa longue silhouette et sa guitare.
J'aime à penser qu'au détour d'une rue, au bord d'une fontaine, ses notes et sa voix atteignirent mes oreilles baignant encore dans l'onde amniotique maternelle, comme l'écho ami d'un chant sous-marin.
Et qu'ainsi chacune de ses chansons m'enveloppe d'une douce familiarité.
Nick Drake a l'inquiétude apaisante.
En suspension dans l'espace feutré où sa voix me berce, ses mots poignants deviennent des amulettes.
Métamorphose de la tristesse.
Il reste cinq feuilles.
Joignons-les et laissons agir.