Gutbucket – Flock – (2011)


Gutbucket est une formation basée à New York qui a sorti son premier album en deux mille un et son dernier, le sixième, en deux mille seize. « Flock » est le cinquième, enregistré alors que tout semblait tourner rond et bien s’accorder, c’est leur seul enregistrement sorti par le label Cuneiform Records, un très beau Cd.


Mais qui sont donc ces quatre bougres qui semblent vouloir jouer sans cesse avec les étiquettes ? Ty Giterman joue de la guitare électrique, Adam D. Gold de la batterie et des percus, Eric Rockwin des basses et autres, Ken Thomson des saxos et des clarinettes, de toutes sortes.


Je parlais d’étiquettes un plus haut, car ces gars sont inclassables, par une sorte de rapprochement artistique dans la démarche on pourrait citer rapidement Zappa, c’est tentant, mais pourtant très inexacte, à l’écoute. Mais ce sont des barrés, par exemple le titre d’ouverture se nomme « Fuck You and Your Hipster Tie » !


On pourrait tout aussi bien citer Henry Cow, bien que ce soit encore à côté, alors je vais tenter d’éclaircir tout ça. Bien qu’ils ne soient que quatre ils sonnent souvent comme s’ils étaient plus nombreux, leur musique est branchée, à l’électricité, et oui, les guitares. Ils écrivent beaucoup, les titres sont léchés et bien chiadés. Du coup ça tourne bien, au millimètre, et tout est soigneusement préparé.


Il y a pas mal de césures dans la musique, là on pourrait penser à Zorn, le roi dans ce style. Il y a également de vives accélérations, des virages brusques, mais aussi des interruptions, de quoi vous surprendre, car c’est le but. Il y a également une forte énergie libérée, comme au rock, d’ailleurs ça s’en rapproche fréquemment. Souvent on pense à du « jazz rock », mais plutôt par courtes phases. Il y a également des ruptures rythmiques et des montées en tension très travaillées, avec effet final assuré.


Les pièces sont donc assez dissemblables, bien que s’affirmant grâce au style, ce qui donne une belle unité à l’album. Ma pièce préférée pourrait être « Murakami ». On peut citer également « Give up » assez marquante par son final. A la fin de l’album siège une suite un peu ambitieuse, « Born Again Atheist Suite », en trois parties, « Dyslexic Messiah », « Sacrificial Vegan » et « Turning Manischewitz into Wine », pour une durée totale d’environ dix-sept minutes. Une bien belle réussite également !

xeres
9
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Créée

le 20 juin 2025

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