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Flood (Live)
8.5
Flood (Live)

Live de Herbie Hancock (1975)

 Ladies and gentlemen…


Maiden Voyage. Le «tube» archi connu, parmi un de mes préférés d’Herbie. Piano solo. Calme. On est comme en promenade, en voyage. Á la fois inventif et récréatif, c’est la beauté de Maiden Voyage. De la musique savante avec plein de petites touches de couleurs autour. Il y a un souvenir dedans. Mais tous ceux qui écoutent Maiden Voyage disent ça. Ce morceau évoque un lot de choses, de souvenirs rêvés ou vécus, ou futurs qu’importe. Le développement est savoureux, sucré. Dans ces cas là, autant se taire et écouter. Y’a qu’à écouter. Et soudain, les autres entrent en scène sans prévenir.


  Le batteur caresse ses cymbales. Jazz funk. La flûte chante un thème. La flûte ? Le bassiste, viril s’empare du truc. Let’s go ! Y‘a du monde sur scène. Quartet ? Quintet ? On va voir. On embraye sans prévenir sur Actual Proof, autre tube d’Herbie. (Il en a écrit combien de tubes au fait, ce mec ?). Ça balance pas mal au Nakano Sun Plaza. Concert au Japon. La basse veut s’exprimer. Virtuosité, danse, et groove d’enfer. C’est pour ça que j’aime Herbie. Avec lui, thème de jazz ne veut pas nécessairement dire austérité, ou chiantitude. C’est jazz, c’est latin, et c’est funky comme pas possible. L’improvisation est prétexte aux rythmes, prétexte au jeu, à la danse, pas de jaloux. Chaque ligne ou riff balancé fait du morceau un tout super solide. Après c’est aux musiciens de montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Et là, aucun risque. Il a une fine équipe avec lui, Herbie. Ça bouge ! Nakano Sun Plaza.


 Des allers-retours qui font tourner la tête, improvisations, et tout ça. Il a un super mouvement de basse sur ce morceau ! Actual Proof. Et la flûte, (drôle de choix de jouer ça, à la flûte quand même), n’est pas en reste. Ça balance pas mal au Sun Plaza !


FIN. Applaudissements. Des applaudissements sortent du haut-parleur. C’est du live ! Je ne le savais pas. C’est album, je l’ai trouvé par hasard sur internet. C’est un live made in Japan introuvable jusqu’à tout récemment.
Et arrive tranquillement qui ? Le saxophoniste, qui apaise le groove, et douche tout le monde. Keep cool…Je trouve le son du sax très apaisant, mais passons à autre chose. Voici Spank-A-Lee.


« Would you please welcome now, mister Herbie Hancock! » dit le speaker.


    Et nous entrons dans un nouveau monde. Nous pénétrons dans ce que nous appellerons le jazz electro, n’en déplaise aux puristes. Avec le son du clavinet, si caractéristique. Le Fender Rhodes qui a forgé le son de toute une génération . Si caractéristique, il y a toute une époque derrière. Funk et fusion, free et jazz. On va pouvoir commencer. Tout le monde est là ? Bien. Ça ressemblera à un gros bœuf, arrosé de saké, monsieur. Le décor est posé. L’ambiance est grave surchauffée, mais aucune inquiétude à avoir. Un chef d’orchestre invisible maintient tout le monde sur les rails. Les intimes appellent ça le rythme intérieur, monsieur. Et le public japonais ne s’y trompe pas. Ça applaudit à tout rompre dès le début du morceau. Un morceau que je vais appeler désormais, Watermelon Man (Revisited), tellement il n’a rien à voir avec l’original.


   Watermelon Man deuxième version. Il semble plus « moderne » que le morceau original, comme un faux jumeau, comme une blague. Un tour de force. C’est comme si quelqu’un d’autre avait réécrit le morceau dans la tête d’Herbie. Désolé d’être aussi familier, mais je l’écoute depuis tellement longtemps, que j’ai l’impression de parler d’un vieux pote. Et avec cette basse continue qui dure jusqu’à plus soif, on dirait presque un slow latin jazz electro, soyons fous.


   Butterfly. Ah, Butterfly, la ballade propice au développement d’un thème de sax. Reconnaissable et mémorisable en deux secondes ce morceau, Butterfly. J’aime ça aussi chez Herbie. Ses thèmes sont tellement clairs et lumineux, toujours, que ça glisse comme du miel de montagne dans ton corps via ton oreille interne. Fender Rhodes est tu là ? Si tu es là…répond moi. Nous sommes en train d’apprécier les possibilités d’un instrument tout neuf, caressé par les doigts d’un clavier de génie. Et ça, ça laisse toujours des traces. Sans se presser, Herbie pose les couleurs sur sa toile. Elles se superposent. Se mélangent. En transparence. La basse lui sert de pivot. Le percussionniste sert de relais et soutient tout ce beau monde. Et nous on voyage. Et je n’ai même pas remarqué qu’on avait changé de morceau. C’est plus Butterfly…c’est autre chose. C’est…Non. C’est toujours Butterfly. C’est le retour au thème, c’est le retour du saxophone. FIN.


  Applaudissements en rythme, à trois temps. Un, deux, trois ! Un, deux, trois ! La fin qui n’était qu’un début. Le début d’un classique entre tous, voici : Chameleon.
Le thème jazz-funk ultime. Le plus célèbre mouvement de basse funk de la planète. Thème qui au départ n’était pas jouée à la basse, mais bien au clavier, ça rajoute au mythe. Sur un faux rythme. On dirait qu’ils cherchent un truc ? Un truc, mais quoi ? Le clavier se met soudain à faire des cris bizarres…………………………………………………….. Un agent de nettoyage muni d’un karcher entre, et se met à nettoyer la salle, en plein concert !? Euh…
Qu'est-ce qu'il fait là?
 Ça fait un bruit énorme. Une sirène se déclenche. Alarme incendie. Mais les musiciens n’en ont cure. THE SHOW MUST GO ON. Ils continuent de jouer comme si de rien n’était. En fait, ça fait un bruit insuportable de sirène hurleuse, mêlé à un antivol de bagnole intempestif, mêlé au désordre que font les ondes hertziennes à la télé quand il neige. Que s’est-il passé ? Il y a eut une rupture de faisceau, ou un problème de transmission radio peut-être. L’agent de nettoyage range son karcher, et sort un jet d’eau. Il nettoie sans se gêner par terre ??
?


 C’est quoi tout ce bruit ?


 Le saxophone essaie de rester eu diapason en faisant des excentricités. Et ça finit…sous un tonnerre d’applaudissements ? Étrange ce live. Mais bon, on est au japon. Tout peut arriver. Je le soupçonne d’être un mix entre plusieurs concerts différents, dont on a extrait les meilleurs morceaux, pour faire album live. Le son n’est pas toujours le même. Parfois il part en couilles. Enregistrer un quintet en live c'est dur. Un enfer.


  Et voici un autre tube, avec les applaudissements en guise de grosse caisse, plus un effet de REVERB MONSTRE. Hang Up Your Hang Ups. (Il a composé  combien de tubes comme ça ce Hancock ? C’est pas possible ça !) Encore plus funky. J’aime ça aussi, chez Herbie. Jazz d’accord, mais funk aussi. Période jazz funk. Innovation. Pas mal du tout, ce live ! Un solo de sax dans les aigües, dans les aigües. Un solo extatique qui contamine tout le monde. Tout le monde. Tout le monde. Mais qu’est-ce qui arrive au sax ? Il est devenu fou. Il entraîne tout le monde. C’est booon….


  J’avais oublié qu’Hang Up Your Hang Ups était aussi cool. J’avais oublié Hang Up Your Hang Ups tout court. 19 mn 54 de pur bonheur. Super morceau. Flood. Voici le live qui fait figure de classique pour les initiés, et les fans de la période funk d’Herbie. Je comprends pourquoi. Je me joins au lot. Ça fait du bien de se décrasser un peu les oreilles avec de la bonne musique, vu la merde que j’entends ces jours-ci. Avec pour couronner le tout, une pochette aussi étrange que l’album est coloré. Une pochette surréaliste, c‘est le cas de la dire. Un monceau de culture pop made in Japan. Avec une symbolique bien a elle. Un poisson. Un cosmonaute. Un volcan. Une lave orange. D’autres signes. Une pochette d’une étrange beauté signée Nobuyuki Nakanishi.

Angie_Eklespri
9
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le 13 nov. 2019

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