Le désormais incontournable label « International Anthem » vient de faire paraître cet album il y a quelques jours seulement. C’est l’œuvre d’un duo inattendu, et même surprenant, deux instruments à cordes dont on n’imagine pas qu’ils puissent tomber en amour l’un de l’autre.
La contrebasse avec son gros ventre et sa voix grave et la harpe si gracile et fluette, je ne sais si c’est le mariage de la carpe et du lapin, mais c’est bien celui de Dezron Douglas et de Brandee Younger, car ces deux-là, suivant l’inclinaison, puis le penchant de leurs instruments, sont également tombés en amour.
Ça tombe bien, mais pour qu’une histoire soit belle, ou réussie, même un peu, un tout petit peu, il faut un drame, un coup du destin, un truc hachement grave qui tombe d’en haut, sur ceux qui sont en bas. Alors, c’est arrivé, le truc qui fait hachement mal : la covid. Du coup nos amoureux pleins de leurs histoires d’amour sont privés de public, du droit de jouer en concert, en cabaret, en boîte, dans le métro ou à la rue.
Alors « nous pouvons toujours créer » disent-ils, c’est un cas de « Force Majeure » disent-ils, et ils diffusent leur musique et les gens ont beaucoup aimé ça, c’est, comme ils disent, devenu « virale ». Ils ont joué leurs compos à eux, et des trucs d’amours, et des reprises d’Alice et de John Coltrane et de Pharoah Sanders « The Creator has a Masterplan » et des standards d’amour et même un joli truc de Kate Bush « This Woman's Work ».
Y’en a quinze très serrées sur l’album, c’est jazz, c’est folk, c’est beau, populaire, un peu on pourrait penser à « Amadou & Mariam » bien que, en fait ça n’ait rien à voir, déjà parce que, eux, ils voient très bien, vous voyez bien que ça n’a rien à voir.
Mais quand même ils sont tendres tous les deux et l’album est superbe, même si y’a pas Makaya McCraven, Jeff Parker, Junius Paul ni Alabaster non plus.