Jeff Parker - Forfolks (2021)
Et voici le retour de Jeff Parker avec un album un peu surprenant, « Forfolks » un album de guitare sèche qui ne s’embarrasse pas des étiquettes et des genres, ainsi beaucoup opteront pour ce qui leur conviendra le mieux, folk ou jazz par exemple, pour peu qu’il leur semble important de catégoriser la musique…
Deux reprises ici, « Ugly Beauty » de Thelonious Monk et « My Ideal » un standard, les autres compositions, au nombre de six, sont de Jeff Parker. Jouer seul ne signifie pas pour autant ne jouer que des solos sans faire intervenir la technique d’enregistrement, ainsi nombre de pièces mettent l’artiste face à lui-même grâce au re-recording ou aux boucles enregistrées, comme sur cet album où l’apport de ces techniques évite le son monocorde et la monotonie.
Jeff extrait de son passé un vieil air de quatre-vingt-dix-huit enregistré alors avec Tortoise, le très beau « La jetée » qui clôt l’album avec une certaine grâce mélodique. Mais c’est l’entièreté de l’album qui baigne dans cette atmosphère épurée, entre grattements de cordes et silences voulus.
L’album a été enregistré en deux jours aux « Sholo Studio » à Altadena, en Californie, non loin du lieu d’habitation de Jeff, en juin deux mille vingt et un. Une proximité de confort qui permet de garder le fil, de suivre l’idée et de conserver une forte identité stylistique qui rend cet album assez inimitable, Jeff Parker restant un artiste à part.
Une singularité qui saute aux oreilles car ce parcours souvent improvisé, n’obéit pas aux règles communes et s’échappent aux lois du conventionnel, sans pour autant cultiver les dissonances où les distorsions. C’est plutôt dans le choix des progressions ou dans les développements qu’interviennent les surprises, les notes subtiles et les digressions habiles.
Un bel album de la part d’un grand guitariste ou la Suite inattendue For Max Brown.