David Murray Quartet, Marta Sanchez, Luke Stewart, Russell Carter – Francesca – (2024)
Voici une magnifique parution de la part de David Murray, la dernière fois que j’avais entendu parler de lui, c’était à travers un concert télévisé pendant lequel, de façon très émouvante, Archie Shepp avait joué, assis sur une chaise, le bec de son ténor entre les lèvres, délivrant son flux unique, et toute la chaleur qu’il contient…
Plus d’un sur scène, ou dans la salle, et peut-être même devant le poste, avait versé une larme, tant c’était bouleversant, depuis plus de nouvelle du grand Shepp, mais David était resté comme un Prince, à côté des anges…
Cet album a été conçu les vingt-six et vingt-sept novembre deux mille-vingt-trois, du côté de Zurich, aux « Hardstudios » de Winterthur, et n’est paru qu’il y a peu. Il faisait partie de ma dernière commande auprès de l’Importateur Orkhestra, qui a fermé définitivement les portes fin deux mille vingt-quatre.
David Murray joue du sax ténor et de la clarinette basse sur « Shenzhen », il est également compositeur avisé de toutes les pièces, excepté « Richard’s Tune » de Don Pullen, où il joue également de la clarinette basse. Martha Sanchez est au piano, ce qui constitue une sorte de surprise car David joue assez rarement accompagné par cet instrument, mais on peut dire que ça fonctionne vraiment excellement tout au long de cet album.
Luke Stewart est le contrebassiste et Russell carter le batteur, les deux sont exceptionnels et fournissent une assise rythmique parfaite, renforcée par Martha Sanchez qui régale véritablement. L’enregistrement est lumineux et les studios Suisse rendent grâce à la pureté cristalline de cette musique.
Plutôt que de free il faudrait plutôt parler de « post bop », comme on dit parfois quand on ne sait pas trop quelle étiquette sortir, il est vrai que l’album est assez orthodoxe, mais sonne également très moderne, déjà par le jeu sans tabou de la pianiste et par celui de David qui se lâche assez souvent…
L’album est long, plus d’une heure, et les pièces sont absolument toutes réussies, rien à redire, la mission est parfaitement remplie. Mais qui donc est cette « Francesca » qui offre son nom à l’album ? Et bien la réponse va de soi, c’est tout simplement Mme Murray qui est honorée par ces huit perles musicales qui filent ici le long de ce collier…
Il est difficile d’isoler des pièces pour faire une sélection, mais on pourrait peut-être mettre en avant « Ninno », « Shenzhen », « Am Gone Get Some » ou « Free Mingus », bien que chacun des autres titres pourrait s’intercaler ici, c’est question d’humeur plus que d’esthétique, car tout est très chouette sur cette belle nouveauté.