Libéré , délivré ...
C'est un Sly Stone tout en splendeur qui nous revient après une imprégnation de trouble et de dangereux à l'album de 1971 de "There's a Riot Going On" . Avec "Fresh" , on se concentre sur certains de ses tracas tout en envoûtant son auditeur avec les charmes envoûtants des rythmes de la vie noire . Et cette fois ci , contrairement à l'opus précédent , le son est nettement mieux maîtrisé et n'est pas marqué par un souffle quasi continu (ce qui gâcha mon plaisir sur ces excellents titres ) . La méthode d'enregistrement ne change pas de l'album précédent ; des enregistrements principalement en solo le tout dans son home studio . Mais il y a quand même une différence entre l'enregistrement de 71 et celui de 73 . Là , il invite ses camarades à l'aider , transformant ainsi la peur panique des espaces et de l'enfermement sombre de "Riot" en perspectives plus lumineux . Un cap avait été franchi en 1971 , il n'y eut plus de retour en arrière possible . Ainsi , "Fresh" fut le dernier album à succès du groupe .. Et la formation original de désintégra après un dernier album ("Small Talk"- Larry Graham et Greg Errico avaient déjà quitté le groupe dés la sortie de leur 6ième album-) .
"Fresh" , album d'une ambiance entièrement fluide, groovy , tout en négligeant pas le côté le plus sérieux des émotions , conservant la nature du disque . Ça s'ouvre sur ce funk syncopé et minimaliste à "In Time" . Ce morceau pose immédiatement les bases du son de l'album : une basse pétillante jouée par Rustee Allen et un sens du rythme implacable . Puis , arrive le second morceau "If You Want Me To Stay" , ce soul /funk psychédélique sera reprit 34 ans plus tard par le groupe Simply Red à leur neuvième album studio ( Stay ) , la troisième piste du vinyle est un funk rapide et enjoué ; "Let Me Have It All" est dynamique où les harmonies vocales des chœurs féminin Little Sister répondent à l'énergie de Sly , "Frisky" le quatrième titre ,est porté par un groove irrésistible . Elle s'axe sur la précision rythmique de la batterie ( Andy Newmark à la baguette) et enfin la Face A va se conclure avec la chanson "Thankful N' Thoughtful" , on sent la chose sombre , rappelant l'ambiance de "Riot . Face B ; avec ce funk urbain et sophistiqué de "Skin I'm In" ou le deep fonk fait des merveilles . "I Don't Know (Satisfaction)" ; là , ce rock/funk joue sur des ruptures de rythme et des textures vocales variées . Keep On Dancin et son up-tempo funk qui fait bouger la foule . "Qué Será, Será (Whatever Will Be, Will Be)" et cette reprise audacieuse et décalée de la célèbre chanson popularisée par Doris Day . Cette relecture lente, hypnotique et totalement métamorphosée . L'un des rares morceaux de l'album où l'on retrouve la basse de Larry Graham et je dirais même plus, le "The Cross" que Prince interprétera à son second double album en 1987 "Sign "☮" the Times " . "If It Were Left Up To Me" une soul expérimentale mettant en valeur voix et des claviers discrets de Stone . Et enfin , on arrive au morceau de clôture (définitif du LP) , "Babies Makin' Babies" , dans une pop porté par un groove sautillant et des arrangements vocaux complexes .
Au revoir monsieur Stewart ( 9 juin 2025) , et j'imagine les bons jam sessions que vous faites de là-haut avec les camarades Brown , Davis , Hendrix ou encore Eddie Hazel . Et vous pardonnera d'avoir "outé" les Wailers votre tournée de 1973 ou ils faisaient la première partie de votre spectacle après 4-5 concerts .
Reposez tous en paix !