Album assez inégal mais qui vaut quand même le détour ne serait-ce que pour l'univers visuel qu'il propose.
La démarche est assez incompréhensible cependant : Gesaffelstein et les artistes visuels dont il s'entoure ont le bon goût de mettre en scène, entre autres choses, la dégénérescence bourgeoise ... Mais avec la participation de ... Balenciaga. Une énième preuve si c'était encore nécessaire que le capitalisme se nourrit aussi de la critique qui lui est faite.
Chez Gesaffelstein, entre plagiat et collaboration douteuse, il y a quand même toujours en fil conducteur une proposition critique: celle de l'industrie de la musique, de l'individualisme et de la concurrence morbide ou bien encore celle de la société toute entière. C'est un peu facile et vain mais c'est superbement exécuté. Gesaffelstein ce n'est pas tant la musique qu'une vision, et ce Gamma le prouve encore.
Mais si critique il y a, il s'agit sans doute plus d'un constat distancié et un peu méprisant pour les aliénés prolos que nous sommes et les fils de putes de la haute société qu'il aurait, selon certains, "infiltré".
Mais bon, Gesa, peut-être qu'il s'en fou de tout ça. Il navigue au dystopistan tranquillement. Misanthropie oblige. Lui, il veut juste faire son truc, dans le noir, et sans avoir à rendre de compte ou a expliquer quoique ce soit.
Malgré tout, je crois que j'aime bien.