« The Thing » c’est un trio composé de Mats Gustafsson aux saxs ténor et baryton, Ingebrigt Håker Flaten à la basse et Paal Nilssen-Love à la batterie, aux percussions et au sampler. Des noms familiers par ici, des grandes pointures du free jazz réunies pour former un groupe dont le premier album est sorti en 2001 et le dernier en 2018. Celui-ci est sorti en 2004 sous la forme d’un Cd et a été réédité en 2015 en vinyle, c’est l’album que je possède.
« The Thing » aime le rock quand il est saignant, violent et rentre-dedans, ces trois-là réunis sont des tueurs, il n’y a aucun doute, attention : surineurs sans pitié. Ça commence par une reprise de la formation « Yeah Yeah Yeahs », « Art Star » qui met le feu et fait chauffer gravement la température, du binaire incendiaire, ça continue avec « Have Love Will Travel » des Sonics, là on comprend pourquoi l’album se nomme « Garage », c’est survolté et, on le sent, il n’y aura pas de quartier ! Ensuite une reprise du père spirituel, non pas Albert Ayler mais Peter Brötzmann avec « Eine Kleine Marschmusic », oui une petite marche, histoire de lâcher la bride et d’improviser un peu avant de conclure la face avec « Hey Fläsk », une impro porcine.
Face B la démesure s’invite à nouveau, démultipliée même avec cette reprise d’« Aluminium » des White Stripes, on connaît ces gars-là, on sait qu’ils sont fêlés, du genre à lyncher Lustucru sans mot dire, les maudits ! Ça écorche bien avec toute la lenteur voulue, du travail propre et soigné, dans les règles de l’art, ça gueule même…
Pour vous dire, le dénommé Mats Gustafsson, aucune morale : il acceptait de jouer en concert et se faisait payer par un vinyle rare, une simple galette, digne du troc de Cro-Magnon…
Et ça ne s’arrange pas par la suite, le morceau « Garage » est une autre pièce de mauvais goût imaginé par ces punks hallucinés, une improvisation délirante sans queue ni tête, où, ceux qui se laissent embarquer dans la danse tourbillonnante finiront en transe, le regard livide, le corps en sueur, pantelant tels des marionnettes, proies faciles pour ces dandys de grands chemins !
Bon, vous êtes prévenus, et sur le dernier titre, c’est pire, ils ne font que gueuler, un cochon qu’on égorge, « Haunted » un titre de Norman Howard dont on a parlé pour ceux qui suivent, le gars qui joua de la trompette aux côtés d’Albert Ayler…
Bon, vous êtes prévenus.