Gemini sorti en cette fin d'année 2014 est le premier fait d'arme du leader des BB Brunes en solo (ou presque, compte tenu de l'omniprésence de la sublime Ella Waldmann qui chante régulièrement à ses côtés), et s'impose à l'évidence comme une réussite de plus à son actif.
Souvent considéré comme un chanteur pour jeunes adolescentes (écervelées), en raison notamment de ses paroles très juvéniles, Adrien Gallo continue dans cette lignée qui est la sienne depuis toujours: une écriture emprunte de naïveté, ayant ici pour thèmes principaux l'évasion - spirituelle ou géographique - et l'amour, décrits à travers des rimes simples et des jeux de mots légers.
Il est l'un des rares jeune chanteur du moment à oser le français pour ces sujets, et l'un des seuls à y exceller sans tomber dans la caricature des Fauve et autres Feu! Chatterton (pour ne citer qu'eux), alors pourquoi s'en priver ?
Parrainé par l'éminent Etienne Daho pour l'écriture de cet opus, le jeune trentenaire se détache du carcan Rock de sa jeunesse, s'éloignant des arrangements guitares/basse/batterie aussi simplistes qu'éculés, ce qu'il avait d'ailleurs déjà entrepris sur Long Courrier, le dernier album des BB Brunes.
Mais cette fois-ci le virage est beaucoup plus assumé, notamment car il n'a plus les contraintes de sa formation originelle. Il s'entoure ainsi de claviers aériens, d'une batterie apaisée à laquelle il ajoute percussions ainsi que boîte à rythme, d'une guitare aux allures funk étouffées et de chœurs féminins enchanteurs.
Chose qui lui permet ainsi d'assortir cet album de compositions aussi riches que différentes: allant de Monokini, véritable tube estival en hommage au top 50, à Crocodile, autopsie d'une rupture difficile en passant par Oslo et Voir la Mer, ballades nostalgiques ou encore Cornet Glacé et Atlas, hymnes à la légèreté autant qu'à l'élévation.
Le résultat est net, sans bavures (si ce n'est Beaurepaire qui ne présente qu'un maigre intérêt), toujours plus proche de la traditionnelle variété française qui demeure son influence majeure (en témoigne ses précédentes collaborations avec Vanessa Paradis, Benjamin Biolay ou encore Oxmo Puccino), Adrien Gallo signe ici un disque très personnel aux univers multiples: de la pop un peu naïve qui se mêle avec des sons d'électro minimale (le fameux beat basique mais très tendance que l'on entend désormais partout), le tout sur des airs mélancoliques. Un album léger et attachant donc, parfois entraînant, mais avant tout extrêmement plaisant.
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