Le disque parfait pour illustrer les ravages de la drogue et, en général, de la vie délurée des musiciens de rock'n'roll : du talent mélodique impérial de Costello, il ne reste ici que les os, s'entre-choquant avec un bruit terrifiant dans des mini-chansons exsangues, expédiées par des Attractions - il n'y a pas si longtemps encore le plus fier groupe de la "nouvelle vague" - en pleine implosion. La voix hoquette, prise au piège de sa propre furie, désormais sans autre objet qu'elle-même. Les instruments ne font plus qu'effleurer l'âme des chansons, désormais trop loin de la surface pour qu'on espère encore la saisir. Soyez donc heureux (que cela ne vous arrive jamais à vous ?)... [Critique écrite en 1990]