Ghost on Ghost
6.8
Ghost on Ghost

Album de Iron & Wine (2013)

Il y a toujours un vrai bonheur à découvrir un album "lumineux", ouvrant des fenêtres ou des portes sur des sensations élémentaires (bucoliques même...), finalement peu explorées par un Rock plus porté naturellement sur les ambiances nocturnes, citadines, négatives. Les fantômes de "Ghost On Ghost", album qui n'est pas pour autant dépourvu - et heureusement - de relief, de profondeur de champ, sont sans doute ceux de sentiments, de sensations ténues et désormais à demi oubliées, que Sam Beam nous invite à redécouvrir ici, avec émotion, grâce en particulier à des textes convaincants. L'effet est sans doute moins sidérant, moins bouleversant que celui qu'avait pu créer, à son époque, le "Skylarking" de XTC, dont le propos me semblait assez similaire, mais on aurait tort de rejeter "Ghosts..." à cause d'une légère tendance au jazz passe-partout et aux ambiances indie-pop trop suaves. Car, une fois acceptée un certain anonymat d'orchestrations faciles - un tantinet pompeuses ici et là -, on est envoûté par des mélodies superbes, et par le chant impeccable de Sam Beam, tous deux au service d'une construction aussi joliment mélancolique que profondément introspective. Jusqu'à un avant-dernier morceau, Lovers Revolution, dont les stridences free jazz et le mal-être angoissé dévoilent que l'extrême sensibilité de ce qui avait précédé tenait sans doute plus de la neurasthénie que de la béatitude.
Eric-Jubilado
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le 18 juin 2013

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