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2000-2014. Coldplay n'est plus, "Ghost Stories" résonne comme une épitaphe dans le cimetière Pop-Rock. La messe est dite... Les signes inéluctables de la lente et évidente agonie du groupe...
le 22 juin 2014
Trois ans séparent Mylo Xyloto (2011) de Ghost Stories, on est sur le rythme habituel du groupe depuis une grosse dizaine d’années lorsqu’il s’agit de sortir un nouvel album.
Communication mystérieuse avec ce non lead-single qui sort en premier, à savoir Midnight, pour lancer leur nouvelle aventure musicale.
Je dois avouer être très troublé dans mon souvenir par ce nouveau titre en cette journée de 2014 sur Youtube quand il a été dévoilé, le style est nouveau et pourtant on reconnaît leur patte, des ingrédients suffisamment présents pour m’enthousiasmer. Il est très vite suivi du vrai lead quelques jours plus tard avec ce magnifique Magic, qui vient confirmer que Coldplay revient peut-être avec leur identité mélancolique d’époque, et ce n’est pas pour me déplaire.
On commence cet album à la superbe pochette reposante et très sobre par Always in my Head et cette douce introduction, très cohérente avec l’ambiance des deux premiers titres publiés.
Je plonge dedans, grâce notamment à ce fameux chant caractéristique de Chris. Cette montée à 2m51 me suffit pour déjà m’envoler. Quelle ouverture ! Une certaine émotion qui me saute à la gueule, très simple, planante, et à la fois magique, de quoi parfaitement débuter la seconde musique du même nom.
Arrive donc Magic, la première écoute de ce titre était sous la forme de son single sorti deux mois auparavant, et c’est une claque. J’en demande pas mieux à Coldplay ; magie, originalité, nouveauté, beauté extrême, gardant son ADN. Oui, c’est déjà beaucoup mais ils savent le faire. Un morceau répétitif et hypnotisant jusqu’à l’explosion qui prend tout son sens. Rien à jeter, on sent la patience et la maîtrise.
Ce qu’on peut constater jusqu’à présent, c’est qu’ils prennent leur temps, et c’est d’une cohérence totale.
On enchaîne avec Ink, et la transition est de nouveau soignée. Celle-ci a un ton plus joyeux, tout en gardant cette mélancolie et je dirais même ce sombre… c’est un drôle de cocktail qui fonctionne super bien et c’est peut-être la seule fois de leur carrière que je ressens ça, j’y reviendrai.
Ink n’est pas la meilleure mais a vraiment sa place.
Voici maintenant True Love, et je me souviens très bien de ma première écoute, j’étais dans un état incroyable. On entend clairement le travail de Timbaland sur les beats et les synthés ici, et ça fonctionne. Le coup de guitare à la fin rappelle évidemment le Coldplay de X&Y (2005), comment ne pas savourer quand on cite une telle référence ? Avec les années, cette musique ne me fait pas autant d’effet qu’à l’époque mais elle reste néanmoins bien costaude.
On enchaîne donc sur ce qui est peut-être LA transition de l’album, avec Midnight. Une pause qui fait du bien après ces 4 premières à l’énergie similaire. Ici c’est encore plus calme. Nous sommes dans ses entrailles les plus profondes. On touche du doigt le sombre que j’évoquais tout à l’heure (du jamais vu chez eux ?), c’est dark, c’est bizarre en plus d’être beau et profond, la montée instrumentale et vocale sont magnifiques, avec un traitement de voix qui est original, la fin mystérieuse est très réussie, c’est puissant. Petit regret peut-être cependant que la musique ne parte pas sur encore autre chose, je m’attends à une fin en apothéose, mais qui ne vient pas. Un truc manque.
Cet instant à part enchaîne sur Another’s Arms. Je l’ai entendue dans sa version live pour sa découverte, j’ai adoré. La version studio est différente mais pas intéressante. C’est plutôt je dirais une ballade, on reste dans cet aspect «bizarre» qui est très plaisant. Il y a un retour au piano qu’on a pas entendu depuis 3 chansons. Elle n’est pas indélébile mais ne fait pas tâche pour autant.
Une petite pause s’impose avec Oceans, un style très Parachutes-like, aussi bien musicalement que le chant ; très sympathique, discrète mais qui reste en tête, on a le sentiment de nager, particulièrement à partir de 2m48 et cette très jolie nappe sonore pour déboucher sur...cet outro qui arrive. Ca me rappelle ces cloches de High Hopes de Pink Floyd dans l’album The Division Bell en 1994, sans véritablement marquer mais c’est beau.
Pour le moment c’est globalement très calme.
Que va-t-on avoir ? Eh bien un tube. Un tube puissant et mi-dansant bien amené. Je ne suis pas le premier fan de A Sky Full of Stars, mais elle ne me laisse pas indifférent pour autant. Surtout dans un disque pareil. Je comprends sa cohérence malgré un autre esprit (mais qui dénote trop). On retrouve cette beauté Ghost Stories ici et là, et je dirais donc surtout que ce tube est enjolivé par le reste, cela créé quelque chose de spécial malgré tout. Je regrette ces sons d’Avicii vus et revus, mais à la sauce Coldplay, il se passe quelque chose.
Nous voici à la dernière, O, et… je crois que c’est top 3 de mes ballades préférées du groupe, un piano, une voix. Je pense qu’il n’y a pas une fois où j’écoute cette musique sans vouloir laisser de larmes, Coldplay est au maximum de leur beauté selon moi ici. Elle me touche terriblement. Je la ressens tellement naturelle. Elle pourrait correspondre à la musique d’un générique final d’une œuvre puissante, que j’aurais envie de shazamer. J’en demande pas mieux venant d’eux. Et quand il se produit une telle chose, on écoute plus, on le vit.
Que conclure de cet album ? J’ai toujours eu cette sensation ambivalente, entre d’un côté le retour réjouissant de leurs débuts, dans la même vibe de ce qui les a fait connaître, et d’un autre côté, je trouve ce disque sans grandes ambitions. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est un LP « à part » dans la mesure où il est simple, trop simple dans son travail. Etant donné l’origine de l’intention de Chris, c’est-à-dire un mood basé sur sa séparation douloureuse, cela est peut-être trop ciblé.
Tout comme il semble cohérent de comprendre d’où vient l’émotion de ce disque, qui est d’une profondeur, et sans rupture tout du long, ce qui est juste magnifique, mais après Mylo et Viva la Vida and All His Friends (2008), cela fait parenthèse.
Une parenthèse qui néanmoins respecte une très jolie chronologie, avec des transitions propres, qui permet de se mettre dans la peau de quelqu’un qui va vivre des émotions intenses et variées, celles du deuil amoureux. Le sujet est vraiment bien imagé, c’en est même bouleversant.
Tout cela aurait peut-être mérité d’y inclure ses bonus, que je trouve vraiment réussis. ASFOS aurait dû être différente, d’avantage Coldplay, un refrain avec de la guitare plutôt que ce synthé. Cette musique amène du punch mais est pour moi passée à côté d’un banger.
J’ai le recul nécessaire pour savoir que cette oeuvre vieillit bien, je la trouve plutôt intemporelle, ce qui est une grande qualité notable. Elle n’est pas encore trop gâchée par les récents craquages proposés par le groupe depuis, à l’instar de My Universe, Byutiful, ou encore Good Feelings plus récemment pour ne citer qu’eux.
Et malgré ce refrain sur ASFOS, ce n’est pas ce que je retiens le plus de l’ensemble. Je retiens une cohérence remarquable dans l’énergie, les sons, cette émotion, le chant, en plus d’être épuré et efficace. On a changé radicalement de style avec le précédent, Mylo, qui était plus radiophonique (et réussi au passage).
Ma belle note reflète surtout l’émotion ressentie qui est intense, en plus d’avoir quand même un tout proprement construit et cohérent. C’est un LP quali, introspectif, différent et assez constant. Mais d’un point de vu richesse, ils ont pu faire mieux dans le passé.
Malgré tout, Coldplay est arrivé encore à se réinventer à cette époque. La suite sera plus compliquée dans sur un album entier. Oui, sur GS, ils gardent encore cette identité et ce sérieux, qui me permet de prendre toujours beaucoup de plaisir quand je reviens dessus.
9/10
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Créée
le 7 janv. 2026
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