Dave Douglas – Gifts – (2024)
Puisqu’ arrive l’heure des cadeaux, voici un album d’actualité, avec le Sieur Dave Douglas à la manœuvre, trompette et une partie des compos sont également à sa charge. Des petits jeunes dans l’entourage, Roafik Bhatia à la gratte et Ian Chang à la batterie pour la partie en trio, et l’excellent James Brandon Lewis au saxo pour la moitié des titres qui sont donc interprétés en quartet.
Il y a également pas mal d’effets électros qui se laissent entendre, mais qui ne sont pas crédités, probablement Rafiq Bathia mais rien n’est sûr, ils sont perceptibles dès la première pièce, « Gifts », très belle et vaporeuse… La seconde pièce « Kind of Teal » est plus terreuse, elle plonge aux racines et remonte en s’enrichissant des couleurs plus modernistes, prétexte à deux excellents solos de la part des souffleurs, et cette guitare qui remonte les vieux plans bluesy…
La troisième pièce est également remarquable avec, cette fois-ci, le rock qui semble lui aussi vouloir remonter vers la surface. C’est la première des quatre reprises signées Billy Strayhorn qui s’enchaînent. « Take The A Train » subit un traitement assez étonnant qui le rafraîchit sans rien enlever de son allant d’antan. Un groove malin s’insinue dans la compo et lui apporte un sang neuf, l’effet est plutôt réussi.
Les autres compos de Billy sont « Rain Check », le chouette « Day Dream » qui se désarticule bien en trio et se maintient grâce à la guitare de Rafiq qui se confine dans les parties basses, et une version très intéressante de « Blood Count » dont le tempo s’accélère après une première partie plutôt calme et rêveuse, la partie finale de la pièce est superbe avec ce duo guitare/batterie qui performe à l’avant, contrastant avec le long et magnifique solo de trompette qui précède, les humeurs sont changeantes et les climats s’opposent…
« Seven Years Ago » se vit à quatre avec les souffleurs qui dialoguent, c’est vraiment la grande classe que de les entendre tous les deux jusqu’à ce qu’on ne perde pied, avant que le son de la trompette ne revienne et que la coda n’arrive. Sur « Small Bar » qui suit, la vedette serait plutôt le guitariste Rafiq Bhatia et ses effets qui porte la pièce, particulièrement lorsque s’achève le solo de Dave et qu’il se place à l’avant-scène pour une prestation un peu décalée.
Décidément Dave Douglas ne cesse de surprendre, toujours étincelant, ce Cd est bel et bien un beau cadeau qui ajoute encore à la longue farandole de ses albums, plus loin que le post-bop avec ses couleurs électros et sa large ouverture vers la musique actuelle, portée par un zeste de free qui souffle et souffle encore sur sa musique…