Glass Minds
7.1
Glass Minds

Album de Archive (2026)

30 ans après l’incontournable Londinium (1996), le collectif britannique est toujours debout, prêt à nous plonger sous ses nappes planantes et ses envolées déchirantes. Avec Glass Minds, Darius Keeler et sa bande ne dérogent pas à la règle et nous présentent un 13ème opus qui s’inscrit dans la lignée de Call to Arms & Angels sorti 4 ans plus tôt.


Archive nous entraîne donc dans un monde froid, sombre et alarmiste, mais teinté d’une lueur d’espoir. Une ambivalence devenue la marque de fabrique de nos amis anglais.


Avec "Broken Bits" et son cor menaçant, Archive attire immédiatement notre attention. L’ambiance est brumeuse, et l’arrivée des claviers et de cette caisse claire froide de précision nous préparent pour la suite. Dans une atmosphère toujours très cinématographique, le ton est donné. Un titre dont seul Archive a le secret.


Après le titre éponyme qui suit, portée par la voix, peut être trop appuyée, de Lisa Mottram, et le lancinant "Patterns", "Look At Us" nous prend à la gorge. Sous les riffs de guitares envoûtants de Dave Pen, Archive nous donne l’occasion de prendre du recul sur la situation, qu’elle soit intime ou sociétal : “Close your eyes, look at us/Don't fall down, we"re so far gone now"


La descente dans les bas-fonds de l’esprit torturé du groupe s'enchaîne avec “When You’re This Down”, avant de remonter progressivement la pente avec le formidable “So Far From Losing You” qui rappelle la belle époque de Controlling Crowds. Pollard Berrier est chirurgical, entre vers assénés tel un coup de couteau et envolées lyriques, l’homme au chapeau est en “trance”. Malgré le chaos, “love is indestructible”


A peine le temps de digérer ces émotions, qu’arrive “Wake Up Strange”, où tout le savoir-faire musical d’Archive s’emballe. Un morceau hypnotique, planant, étrange, où tous les éléments s’imbriquent parfaitement entre eux.


La suite s’avère quelque peu décevante, si ce n’est cette machine à remonter le temps qu’est “Heads Are Gonna Roll”. Le titre nous transporte 30 ans plus tôt, époque Londinium, la tête qui tourne soudainement de bonheur à l’écoute de ce trip-hop qui a jadis lancé la carrière d’Archive.


Entre fatalisme, espoir et nostalgie, Archive nous livre là un album solide dans sa discographie. 30 ans après, la magie opère à nouveau et on n’est pas prêt de s’en lasser. Alors joyeux anniversaire et vivement la quarantaine !

DaDude
7
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le 10 mars 2026

Critique lue 77 fois

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