Avec ce second album (sans compter leurs petits EP précédents), Ride met au second plan la nostalgie planante de Nowhere et développe un son plus rock, marqué par des riffs entraînants et des performances vocales clairement audibles. L’album reste ancré dans le shoegaze grâce à ce « mur de sons » distordus, ainsi qu’à une influence du rock psychédélique des années 60-70, perceptible dans la complexité musicale et les structures atypiques des chansons. De ce mélange résulte un son plus intense, puissant et centré sur les riffs, notamment sur des chansons comme « Leave Them All Behind », « Mouse Trap » ou « Twisterella ». Celui-ci, couplé aux guitares acoustiques plus mélodieuses de « Time Machine » ou « Chrome Waves », crée un album varié et moins focalisé sur la recherche d’une esthétique particulière, comme c’était le cas sur leur précédent album.
Cependant, je trouve la cohérence purement musicale de l’album mieux réussie que sur Nowhere, ce qui est contraire aux attentes que j’aurais d’un tel mélange de genres face à une esthétique aussi marquée. Je pense que la trop grande ressemblance entre les chansons de Nowhere joue un rôle important dans ce cas. Là où je trouve que l’album pêche un peu, c’est sur le fil narratif des paroles. Bien que l’album reste bien écrit, on ne trouve pas autant de liens entre les chansons ni une progression aussi logique des textes les uns après les autres que sur Nowhere, où la trame narrative de la distance froide et des problèmes relationnels fonctionnait très bien.
Au niveau de la qualité individuelle (et très subjective) des chansons, je trouve le plancher de Going Blank Again meilleur que celui de leur album précédent (excepté pour une chanson, voir ci-dessous), bien que ce dernier se rattrape grâce à d’ultimes bangers comme « Vapour Trail » ou « Dreams Burn Down ».
Pour conclure, si Nowhere présente clairement l’atmosphère triste et sombre digne de la perte d’une personne aimée, alors je vois Going Blank Again comme l’oubli (« Going Blank ») de cette déception et le passage vers de nouveaux horizons, quoique marqué par un reste de nostalgie.
Dernière note : je trouve « Not Fazed » très en dessous des autres chansons. Suis-je le seul ?