Hugh Coltman – Good Grief – (2024)
Peut-être se souvient-on de l’album « Night Trippin' » enregistré en collaboration avec la guitariste Matthis Pascaud, qui sentait l’odeur du Bayou, des « Loop Garoo », avec « Mama Roux » et la « Danse Fambeaux » et ainsi faire renaître l’esprit du bon vieux Dr John, de sa médecine et de ses remèdes…
Avec ce « Good Grief » nous ne sommes pas si loin, et le blues est bien là avec une goutte de jazz et des vieilleries un peu canailles qui font les bonnes chansons, comme ce « Man Up » qui suggère Neil Young, il faut dire que Coltman a raflé une « Victoire de la Musique Jazz », et qu’il persiste dans sa quête identitaire blues et basique.
Du terreux et de l’électrique qui puise aux racines, avec un zeste pop, et ce côté efficace et minimalisme qui ne s’embarrasse pas trop des complications, on pourrait de temps à autres penser à « Creedence Clearwater Revival » qui faisait ça également très bien, avec un côté rock et country assumé qui s’avérait d’une efficacité terrible.
Hugh Coltman chante avec sa voix profonde, mais convoque également ses inquiétudes et ses incertitudes, il joue également de la guitare et de l’harmonica, Matthis Pascaud est également présent avec sa gratte, ainsi que Laurent Vernerey à la contrebasse et Raphaël Chassin à la batterie et aux percussions.
Mais, ce british, c’est avant tout une histoire française, c’est ici qu’il est installé et qu’il cultive son public, sort ses albums et tourne en concert, il devrait passer pas loin de chez moi, mais je me tâte encore car s’il y a l’envie, il faut également se ménager… Mais il garde un pied en Angleterre quand il joue avec « The Hoax », son autre projet qui l’a fait connaître.
Il y a un livret joint qui peut aider à entrer dans l’atmosphère de ses chansons, car les paroles y sont écrites. Parlons un peu du titre « Mountain » qui fait intervenir quelques musiciens supplémentaires, Gaël Rakotondrabe au piano et Christophe Panzani, toujours dans les bons coups, au saxophone. On retrouve une autre saxophoniste, Jeanne Michard, sur la dernière pièce, « Rainy Summer Holiday ».
Cet album porte également un côté sombre qu’il chante avec quelques ballades, à la façon folk, le deuil de son père et celui d’un ami mort pendant la Covid, mais il évoque également sur la pièce « Red T-shirt » la mort de cet enfant, réfugié syrien au tee‐shirt rouge, retrouvé sur une plage en Turquie.
Alors c’est sûr, on ne rigole pas trop, mais c’est un choix assumé, faire le point, avant de continuer la route, c’est sans doute l’explication de ces prises directes pour un meilleur impact.