Death Grips, c’est cool, j’en avait parlé un jour, et v’la t’y pas qu’ils sortent leur album subitement sur l’internet. L’album s’appelle Government Plates et a surpris plein de peuple, surtout qu’on en attendant rien de spécial, mais là … bah oui.

Death Grips donc, est un trio de hip hop industrialo-noise hystérique qui ont foutu la merde et eu des bonnes critiques, notamment grâce au démentiel The Money Store. Mais quand on écoute les trois albums principaux, on se rend compte d’une certaine progression. De noise samplé, à bordel électronique, les Californiens ont emmené leur style un peu partout et Government Plates n’est pas une exception, car on pourrait presque le considérer comme un album de production.

MC Ride est toujours là à beugler, mais sa voix est plus découpée, triturée pour l’utiliser comme un instrument à part entière. La place est plus proéminente pour les travaux de production de Zach Hill et Flatlander. Le résultat est du coup très surprenant, comme sur Bootleg (Don’t need your help) ou This is Violence Now (Don’t Get Me Wrong), tout en gardant quand même cet aspect totalement Death Grips qui est plus que jamais vivant. Le morceau titre, Government Plates, est le plus réussi à mon sens dans cette approche.

Du coup, on n’est pas sur un album organique et viscéral comme les deux précédents, mais sur des morceaux plus fins. Et quand je dis fins, je dis bourrins violents taper des grands-mères, mais moins, et plus subtilement. Two Heavens est un bon exemple, avec son ambiance assez abyssale, ou Big House. Ce changement de ton donne une cohérence bizarre à l’album, mais pas du tout gênante. C’est une autre facette totalement honorable, comme le traduit le merveilleux et interminable Birds qui est sorti en single auparavant.

Cependant, quelques morceaux plus classiques sont également présents, comme le très efficace Anne Bonny, ou encore le merveilleux opener au titre anthologique, You might think he loves you for your money but I know what he really loves you for it’s your brand new leopard skin pillbox hat (bordel, le titre est plus long que le morceau, comme ma bmorceau qui ressemble presque à un jam bruitiste du groupe Lightning Bolt avec sa batterie sur-lourde.

Mais la consécration, à mon sens, de cet album est sa conclusion, Whatever I Want (Fuck Who’s Watching), le morceau le plus long de l’album et qui mélange à l’agressivité hystérique un énorme mur sonore psychédélique et répétitif qui est ensorcelant. On plonge dans un trou noir et on voit des étoiles. 2001, l’odyssée des espèces de sales tarés congénitaux.

Government Plates est sans concession. On ne sait pas ce qu’il représente pour Death Grips, mais c’est un virage assez fascinant, et toujours aussi déroutant. Ils ne restent pas dans leur zone de confort et passent dans plusieurs styles pour en tirer la sève purulente et corrosive destructrice des mondes.

Du coup, bon, c’est pas pour tout le monde. ABA OUI OLALA.
SuperWood_Boy
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le 24 déc. 2013

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SuperWood Boy

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