Naked City – Grand Guignol – (1992)
« Grand Guignol » est le second dans l’ordre chronologique. Sur l’intégrale « Naked City » l’ordre des pièces tel qu’il s’organisait a été modifié, toutefois la pièce principale, « Grand Guignol » ouvre l’album et s’étend sur une durée de dix-sept minutes et quarante et une secondes.
Les modifications concernent « La cathédrale Engloutie » d’après Debussy, ainsi que les « Three Preludes Op. 74 » d’après Alexandre Scriabine, « Prophetiae Sybillarum » d’Orlando Di Lasso, « The Cage » de Ives, et « Louange A L'Eternité De Jésus » de Messiaen, toutes rejetées en fin d’album. C’est encore là que se situe la version vocale de « Grand Guignol » par Patton, l’unique ajout de cette intégrale « Naked City », qui ferme cet album.
C’est également cet album qui est particulièrement visé par les critiques des amateurs concernant la remasterisation excessive, peut-être outrée, allant au-delà de celle organisée sur l’original, plus neutre et équilibrée. La pièce « Grand Guignol » qui conserve sa grandeur et son mystère, et même son côté maléfique, pourrait être la cible des critiques notamment.
Elle est donc suivie des pièces deux à trente-quatre, toutes issues du « Torture Garden » de quatre-vingt-neuf, rien n’est donc oublié, mais simplement déplacé. Le nouvel ordre n’est en rien choquant et se glisse à sa nouvelle place sans problème, si ce n’est celui de la césure stylistique, qui arrive comme une déflagration, après le noir « Grand Guignol ».
Nous voilà replongés dans les plaisirs jouissifs du premier volume, qui confirment l’excellence du Jardin des Tortures. Les pièces suivantes, celles rejetées en fin d’album sont également brèves, excepté « La Cathédrale Engloutie » de plus de six minutes, et la « Louange à l’éternité de Jésus » de Messiaen qui dure un peu plus de sept minutes, elles ont attiré davantage l’attention de Zorn qui y apporte un traitement particulier et original. On pourra cependant regretter la césure artistique proposée par ces dernières pièces.
La version vocale de « Grand Guignol » réjouira les amateurs de Mike Patton qui y trouveront évidemment leur compte. Elle sera mise en avant lors de la sortie de l’intégrale, et donc très bien reçue, le couple voix/musique fonctionne à fond dans la démesure, à ne pas louper !