Quand on y connaît rien et qu’on n’a pas accès à Internet, on tâtonne. On se dit, naïvement, que le meilleur moyen de découvrir un groupe, c’est à travers une compilation, parce qu’on croit, peut-être à raison d’ailleurs, qu’une compilation fait office de synthèse de l’identité du groupe, une sorte de curiosité fainéante, en somme.
J’avais acheté Greatest Hits de ZZ Top dans une grande surface parce qu’il était pas cher du tout et parce que je voulais découvrir quelle musique produisaient ces barbus, que je ne connaissais seulement via l’image populaire qu’ils ont en France.
La compilation débute avec le célèbre Gimme All Your Lovin' et son riff terriblement contagieux et son refrain au groove parfait. Cette chanson est bien choisie pour débuter parce qu’elle représente l'identité musicale distinctive de ZZ Top : des guitares incisives, une section rythmique groovy et la voix country et très amerloque de Billy Gibbons. Impossible de ne pas taper du pied ou opiner du chef sur cette chanson, et que dire de Sharp Dressed Man, encore plus entraînante ! Là, ce sont toutes les hanches qui bougent de manière inconsciente, même un escargot rhumatisant se dandinerait là-dessus.
Parmi les autres titres phares de ZZ
Top, on retrouve Legs, un peu plus doux et chargé en synthés, Sleeping Bag et ses couplets qui apportent de la voluptuosité au sel musical du groupe, ou encore, bien évidemment, le très célèbre La Grange et son riff inscrit au panthéon des plus grands de ce genre. Ce morceau est exceptionnel, il se dégage vraiment quelque chose de cette combinaison de solos virevoltants, chant limite fredonné, cette session question réponse entre le riff calme et sa version plus burnée, ces « han han han », bref, c’est du très grand. Ces chansons sont des exemples parfaits du mélange typique de blues, de rock et de boogie que ZZ Top a su développer et faire sien.
Le Viva Las Vegas vaut aussi le détour. Composé pour être un inédit de cette galette, il est trempé dans le même bain qui a imbibé les compositions des giga barbus au début des années 90, à savoir pléthore de synthés et autres bruits expérimentaux alliés à l’identité musicale citée plus haut. Un Elvis dépoussiéré, en somme.
Avec cette compliation, on passe du groove pur aux morceaux plus modernes, un voyage raccourci dans l’unviers de ZZ Top, quoi. Après, la curiosité fait le reste. Si on a aimé Sharp Dressed Man et Gimme All Your Lovin’, on écoutera Eliminator et After Burner, si on a aimé Doubleback et Sleeping Bag, on écoutera Recycler et After Burner. Mais le mieux reste de tout écouter, rien de tel pour se faire un avis solide. Les compilations doivent garder leur rôle d’amorce.