Green Side Up
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Green Side Up

Album de Delirium (2011)

Delirium – Green Side Up (2011)


Des gars du nord, mais du nord-nord, un finlandais et trois danois. Le finnois c’est Mikko Innanen, il joue des saxos, alto, baryton et soprano. Kasperg Tranberg joue du cornet et des trompettes, Jonas Westergaard de la basse et Stefan Pasborg, de la batterie et des percus. Un quartet donc, c’est leur troisième et dernier album, enregistré à Copenhague, après ça chacun suivra sa route…


Encore une musique que l’on pourrait qualifier de free-bop, une classification qui va bien et permet de cerner un genre qui puise chez Ornette Coleman et Don Cherry, tout en incluant un discours plus avancé. Bien que ces gars n’aient laissé que peu de traces, l’album est foutrement bon.


Enfin, il plaira aux amateurs de ce style qui devraient s’y retrouver. Toutes les compos sont signées par les musiciens du groupe, tous s’y mettent sauf Pasborg, visiblement exempté, le plus prolixe est Innanen qui signe six des dix compos.


C’est une musique souvent réjouissante et volubile, elle semble aimer ce côté pêchu qui va bien, fort à parier qu’en concert elle prenait bonne mesure et éclatait tel un fruit juteux et bien mûr. Les souffleurs sont vraiment remarquables et donnent toute leur mesure sur les pièces échevelées, bien qu’ils aiment également traîner et se prélasser sur les titres plus lents, comme « Green Side up-The Geography of Breakfast » ou « Brederode Bolero ».


C’est ainsi que Delirium rassemble des structures musicales qui semblent tout devoir à la tradition, qu’il secoue et remue en les associant avec une démarche plus moderne de déconstruction comme on peut l’entendre parfois chez l’Art Ensemble of Chicago, par exemple.


C’est ainsi une grande partie de l’histoire du jazz qui est interrogée, ceux-là semblent connaître leur sujet sur le bout des doigts, ça s’entend avec clarté, le bagage est bien là, prêt à s’ouvrir si le besoin s’en fait sentir. L’album se ferme sur « North American Territory Suite », un titre de Jonas Westergaard où les racines de cette musique remontent à la façon d’un vieil air folk-blues qui pleure et avance avec circonvolution, avant de se renforcer et de s’affirmer.

xeres
9
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le 3 sept. 2025

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