Gub
6.5
Gub

Album de Pigface (1990)

Pigface, mais c'est qui ceux là ? Rien de moins que le supergroupe de la scène industrielle. En gros, il s'agit de survivants de la tournée de Ministry pour The Mind Is a Terrible Thing to Taste (documentée en vidéo sur In Case You Didn't Feel Like Showing up). Ceux qui ont regardé la VHS ou, petits chanceux, qui ont assisté aux concerts, sauront qu'Al Jourgensen avait invité pas mal de musiciens, dont le batteur Martin Atkins (Public Image Ltd., ainsi que Killing Joke pour leur nouvel album à paraître prochainement !), Nivek Ogre de Skinny Puppy, et Chris Connelly. Le batteur de Ministry, William Rieflin, voulu poursuivre sa collaboration avec Atkins, menant à la création de ce projet participatif ou chacun vient un peu quand il veut contribuer ce qu'il veut.


Nous voilà donc avec ce premier album bien rempli, en termes de durée comme de musiciens ! Chris Connelly signe la plupart des vocaux (c'était lui aussi sur "Never Believe" et "Cannibal Song" sur le dernier Ministry, et on l'entend également sur le dernier Revolting Cocks). Mais on trouve également le timbré David Yow (The Jesus Lizard) ou le sensuel Trent Reznor (Nine Inch Nails), ou encore En Esch (KMFDM). Outre les deux batteurs, double cerveau du projet, sont également venu mettre la main à la pâte Steve Albini (Big Black & Rapeman et producteur du premier Pixies) et Paul Barker (bassiste de Ministry). Bref, du beau monde.


On sent tout à fait ce bouillonnement créatif et ce mélange d'influence à l'écoute de l'album. Sa simple écoute est un sympathique exercice de who's who industriel. Par contre, on ne peut pas dire que ça joue pour la cohérence de l'album, qui part dans tous les sens avec des morceaux plus ou moins achevés et des expérimentations bruitistes. On aurait aimé que la double batterie se déchaîne vraiment par moments, au lieu de tenir des rythmes parfois un peu plan-plan. Et comme chez Revolting Cocks, on se demande souvent où est passée la guitare.


Les morceaux ne décollent hélas jamais vraiment, ne parvenant à se détacher que grâce au charisme du chanteur ou à une ligne de basse efficace, comme le Tapeworm d'ouverture avec Nivek Ogre ou Suck avec Trent Reznor. On notera aussi un certain War Ich Nicht Immer Ein Guter Junge? War Ich Nicht Immer Schoen und Nett? Ich Zerpfluckte Niemals Eine Spinne - War Niemals Frech und Stahl (à vos souhaits) au beat soutenu et bruitages stridents sur lequel En Esch nous susurre, euh, quelque chose en Allemand à la Einstürzende Neubauten. La fin de l’album se révèle tout de même un peu plus énergique, avec quatre remixes plus efficaces (non, ce ne sont pas des dance edits électroniques, mais des versions alternatives). Bref, le potentiel est là, les fans des participants apprécieront sûrement mais ne vous attendez pas à quelque chose d'aussi efficace que du Ministry, c'est autrement plus expérimental et inachevé. A réserver aux amateurs de musique industrielle old school.

idlewoodarian
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le 25 mars 2025

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