Gypsum Strings
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Gypsum Strings

Album de Oakley Hall (2006)

Ça se passe sur la côte Ouest, à la fin des années 60 : vestes en daim, lunettes rectangulaires, drogues ramenées du Vietnam et sans doute des tournées avec Moby Grape ou Flying Burrito Bros. : tout faux. Ça se passe à Brooklyn en 2006, le groupe est né de la cuisse des furieux Oneida, il a tourné avec les Yeah Yeah Yeahs ou les Liars et mélange les drogues au plus grand mépris des ordonnances : du speed (Feelies) et du LSD (Byrds) nourrissent ces chansons à la fois frénétiques et psychédéliques, élevées dans l'affolement urbain et rêvant pourtant de campagne. Celle, précisément, où poussent les graines de gypsum du titre, ce top-psychotrope qui, ici, transforme les plus innocentes ballades country-pop en divagations cahotiques et forcenées (Inrocks)


Nous fûmes un brin méfiants au début, mais force est de constater que Brah, la nouvelle structure née sous l'égide du label Jagjaguwar commence à faire ses preuves. Après l'ahurissant album de Parts & Labor, celui d'Oakley Hall est plus qu'ambitieux, il excelle quasiment. La musique d'Oakley Hall est foncièrement barbue, elle pourrait provenir du Texas (Greg Anderson de Windsor For The Derby est derrière les fûts), mais c'est en provenance de la Grosse Pomme que Gypsum Strings, énorme disque de guitares (Lazy Susan, un vrai festival), nous parvient. À l'instar des excellents et encore méconnus The Black d'Austin, ces gens vouent sûrement un culte à The Band, pour le plaisir d'ausculter la grande musique américaine, tout en y insufflant tout le reste d'une culture musicale suffisamment riche (du krautrock à la country en passant par la new-wave) et digérée pour ne pas noyer le poisson. Si ce groupe était surpris "claudiquant sur le dancefloor", ce serait le coeur gorgé d'amour et en formation serrée, pour une partie de line-dancing endiablée. Ces ploucs modernes, véritable gage d'excellence, arrivent à point nommé, alors qu'on considérait que ce qui avait toujours manqué cruellement à la musique, c'était un Fairport Convention américain (ou un Creedence Clearwater Revival anglais ?). Il aura donc fallu attendre le troisième millénaire pour entendre ce miracle (Bury Your Burden), mais cela valait la peine d'attendre. Et le groupe de Pat Sullivan, Fred Wallace et Rachel Cox (dans le rôle de la fille cachée de Sandy Denny et d'Emmylou Harris) pourrait fédérer au-delà du néophyte porté sur les choses vieilles et scintillantes ou du nostalgique des Feelies (If I Was In El Dorado, Million et Mercer défoncés à l'herbe mexicaine sur la route de Nashville, un ré-gal). On a assez perdu de temps avec le futur, portons dès à présent Oakley Hall en triomphe. (Magic)
Il y a quelques mois, un gentil illuminé surnommé "Papa Crazee" jouait encore avec son groupe Oneida de longues plages répétitives et hypnotiques et sortait des albums à éventail musical tellement large et déconcertant que les membres d'Oneida se sont doucement taillés une réputation de sympathiques dingos. Aujourd'hui Papa Crazee est redevenu Pat Sullivan et dirige une nouvelle formation (baptisée du nom d'un écrivain spécialiste de l'ouest américain) qui puise son inspiration dans une americana bien plus traditionnelle. Cela étant, "Gypsum Strings" reste un singulier objet - deux violonistes qui se tirent la bourre dans la pure tradition des "fiddle contests" des années 20, une grosse guitare psychédélique en plein milieu et la voix en papier mâché de Pat Sullivan qui se fraye un chemin entre les deux. Et cet échafaudage franchement hétéroclite a plutôt tendance à la première écoute à désorienter l'auditeur qui n'y retrouve guère ses petits. Le paysage devient plus clair au fur et à mesure que certaines références apparaissent- le Will Oldham moite et poisseux de "Summer in the Southeast", un Jay Farrar qui aurait enfin engagé un bon backing-band - sans que celles-ci entament en rien la belle originalité du projet. Même les traditionnels les plus éculés regagnent chez Oakley Hall une certaine vigueur - il suffit d'écouter la version de "House Carpenter", rajeunie de trois générations et exécutée toutes guitares dehors pour s'en convaincre. Au final, ce troisième album excite suffisamment la curiosité pour qu'on surveille avec intérêt son petit frère, qui devrait voir le jour en septembre chez Merge, en attendant que ces New-Yorkais, dont la réputation scénique est grandissante, viennent dynamiter une de nos scènes européennes.(Popnews)
bisca
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le 11 avr. 2022

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