J’aime « suivre » des artistes, pas forcément connus mais qui, pour une raison ou une autre, accrochent, et semblent porteurs d’un message singulier. La bassiste Sarah Murcia fait partie de cette catégorie et, son nom sur un album attire irrémédiablement mon attention. La voici aux côtés de Kamilya Jubran embarquée dans un projet autour de la poésie bédouine : « Habka ».
Nous sommes face à la voix de Kamilya qui clame, portée et entourée par une formation acoustique composée de différents instruments à cordes, outre la basse dont nous avons fait mention et l’oud dont joue Kamilya il faut ajouter le violon de Régis Huby, l’alto de Guillaume Roy et le violoncelle d’Atsushi Sakaï.
Je ne vous cache pas que les textes dits par la musicienne palestinienne échappent complètement à ma compréhension strictement verbale. Pourtant ils sont portés par une telle force émotionnelle qu’ils chantent à l’intérieur, cette émotion s’exprime avec une telle puissance qu’une « compréhension » s’installe de fait, au-delà des mots, uniquement par la magie des sentiments qu’ils véhiculent sous l’effet d’une diction toute en finesse et sensibilité. C’est un panel extrêmement large d’informations qui sont transmises par la voix, ses inflexions, hésitations, enthousiasmes ou douleurs.
Les cordes elles aussi s’emballent dans la joie et l’allégresse, pleurent dans la tristesse et la douleur, elles donnent corps au texte, le souligne et le ponctue mieux que ne le ferait une machine à écrire. Les cordes vibrent sous les caresses et s’en vont vers la voute céleste, ainsi voguent airs et chansons, libérés des liens…