Hall of the montain grill est le quatrième album du groupe après le succès de leur album live Space Ritual. Au niveau du line up, Hawkwind est une vraie Marie-couche-toi-là. On y entre et on en sort comme dans un moulin. Ainsi, sur cette galette, Dik Mit (non, je ne ferais pas de jeu de mot sur son blase) laisse sa place à Simon House (ex High Tide). Son violon s’intègre à merveille à la musique du groupe (écoutez notamment Wind of change (le premier qui siffle, je sors mon flingue)). Lemmy est bien présent avec Lost Johnny (une chanson qu’il reprendra sur le premier album de Motorhead) encadré par deux instrumentaux comme un grain de beauté au milieu de la joue. Et tandis que tourne le vinyle sur la platine, nous fermons le yeux et Stacia danse pour nous...

Le seul faux pas de cet album est son titre : un très mauvais calembour aux dépens D’Edvard Grieg qui n’en demandait pas tant. Sinon, tout colle. Sur la pochette, le vaisseau spatial de Capitaine Flam s’écrase sur une étrange planète tandis que le pilier Dave Brock nous promet tous de disparaître en fumée avant que le morceau ne se termine en champignon, non pas hallucinogène, mais nucléaire. Il faut relire à deux fois les crédits de l’album pour s’assurer qu’on a bien lu : deux titres sont des enregistrements lives. Ils s’intègrent parfaitement aux autres et on jurerait qu’ils sortent de sessions studios.

Hawkwind nous délivre ici ce que beaucoup considèrent comme son meilleur effort : du rock psyché-space aux bidouillages électros en nappes et boucles, des soli de saxophone et violon (qui pour le coup nous en fait penser à Amon Duul), la basse de Lemmy, un batteur fou et fan de Motorik. Ce « rythme » de batterie krautrock est basé sur une simplicité lancinante (aussi implacable qu’une division panzer pendant la blitzkrieg si vous me permettez cette comparaison quelque peu facile). Il ne brille pas par son swing mais plutôt par sa capacité à mettre l’auditeur en transe et c’est la rythmique qu’il faut pour le groupe.

Hawkwind est un peu comme le plus krautrock des groupes anglais, du krautrock auquel il manquerait cet esprit continental si caractéristique des groupes allemands et qui peut parfois rebuter les auditeurs et qu’il aurait troqué pour une insularité psychique inhérente à un anglais. Et si le kraut est un plat un peu trop salé (trop bizarre, saugrenu voir cringe) pour certains, Hawkwind en est le pendant anglo-saxonisé, c’est-à-dire lissé, bien coiffé avec la raie bien au milieu, un peu sucré mais pas trop. C’est comme si Hawkwind était l’ambassadeur du krautrock dans les pays anglo-saxons.

En conclusion, nous avons beaucoup apprécié l’écoute de cet album.

Joe-Penhauer
7
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le 22 mars 2025

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Joe Penhauer

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