Keith Jarrett, Charlie Haden, Paul Motian – Hamburg '72 – (2014)


Une belle présentation pour cet album avec étui en carton et Cd standard contenant un livret assez copieux. L’enregistrement provient donc d’un concert à Hambourg, le quatorze juin mille neuf cent soixante-douze. L’album a été remixé en outre pour sa sortie, au Rainbow Studio à Oslo, en juillet deux mille quatorze.


On reconnaît là, l’approche très professionnelle du label ECM pour ses productions. J’ai dû me le procurer à bas prix, l’étiquette indiquait sept €, il y a quelques mois, à la Cnaf. Ce trio resté fameux est fantastique, c’est le premier groupe à trois emmené par Keith, trois géants, trois fantastiques ! Pas de surprise concernant Charlie Haden qui joue de la contrebasse, ni pour Paul Motian qui s’assoit derrière sa batterie, mais Jarrett joue du piano, mais aussi de la flûte, du saxophone soprano et de quelques percussions.


Ceux qui suivent Keith Jarrett ne seront pas surpris de l’écouter, notamment au saxophone, où son approche est assez singulière et significative, sa personnalité se fait entendre là aussi, dans son approche plutôt moderne, avec quelques accents free, très organiques, explorant un espace où le piano ne peut guère se sentir à l’aise.


Au travers de ces six pièces, le trio explore différents genres, avec une large palette, de la simple ballade exploratrice, douce et poétique, type « Everything that Lives Laments », à « Piece for Ornette », vive et rythmée, où tout s’accélère et explose, il n’est que d’entendre Charlie Haden qui ponctue son jeu de contrebasse de la voix.


« Take me Back » est également bien chouette, entre gospel et rythme funky, tout en phases répétitives donnant un sentiment d’accumulation, jusqu’à la délivrance libératoire et convenue, certes, mais foutrement plaisante.


La dernière pièce « Song For Che » signée de Charlie Haden sur le célèbre « Liberation Music Orchestra » de soixante-dix, est ici la plus emblématique, bénéficiant d’une interprétation de haut niveau, avec ces trois » immenses » !


Elle constitue le sommet de cet album, déjà considérable, c’est Charlie Haden qui ouvre la pièce avec un solo déjà bouleversant, déflorant le thème inspiré du folklore argentin, avant que ne se libèrent les énergies jusqu’à une apothéose finale alimentée par les trois qui participent tous à la montée dramatique, Jarrett au sax soprano, pulsé par Motian aux tambours qui percute et dynamite, juste une apothéose avant que l’album ne s’achève.


Merci donc à la radio allemande NDR qui a capté ce live, fournissant la matière sonore de ce témoignage qui méritait ce partage.

xeres
9
Écrit par

Créée

le 21 juin 2025

Critique lue 12 fois

xeres

Écrit par

Critique lue 12 fois

2

Du même critique

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

2182 critiques

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

le 28 févr. 2016

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

2182 critiques

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

le 5 mars 2016

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

2182 critiques

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...

le 2 juil. 2018