Yochk'o Seffer, François Causse – Hangosh (L'Homme Primitif) – (2016)


Voici « Hangosh (L'Homme Primitif) », l’un des plus récents albums du saxophoniste hongrois Yochk'o Seffer qui joue sur cet album du sax sopranino et du ténor, ainsi que du piano. L’album est conçu en duo avec François Causse, batteur-percussionniste qui joue également du vibraphone et du Hang, un instrument inventé en l’an deux mille, composé par deux coupelles métalliques que l’on frappe en les maintenant entre les genoux, il permet de jouer jusqu’à sept notes différentes.


La première pièce entièrement improvisée autour du sopranino et du Hang permet de plonger directement au cœur de cette musique, « Hang J » semble pourtant posséder tous les aspects d’une pièce écrite et pensée dans ses moindres détails, ce qui en dit long sur l’expertise de ces deux-là qui trouvent rapidement la voie de l’esthétique essentielle.


« Titly » qui succède à cet élan est la pièce la plus longue de l’album, quatorze minutes intenses et pénétrantes qui nous emmènent vers d’autres voies plus déchirées et complexes, avec une belle trempe qu’il faut saluer, entre free et jazz plus conventionnel…


« Houlousi » fait place au compositeur Didier Malherbe qui se joint au duo avec l’instrument du même nom que la pièce, ce sera également le point de départ de « l’Ethnic Trio » nouvelle version, avec Didier à la place de Faton Cahen. Cette pièce inaugurale est superbe.


La pièce suivante est dédiée à John Coltrane, elle est construite autour des harmonies de « Giant Steps », Yochk’o l’a baptisée en écrivant le nom de Coltrane en verlan, ce qui donne « Enartloc », il y joue du piano en solo, ainsi que du ténor dans le final.


Toujours en solo Yochk’o dédie la pièce suivante à Ornette Coleman, trois saxs ténor et un harmoniseur fabriquent « la Ruche ». Il se souvient d’Ornette arrivant à Madrid pour se joindre à l’album « Ornette For ever » qu’il jouait en l’honneur du grand homme, ce dernier l’appelant le « Yougoslave » et conservant un grand souvenir de lui.


« Fajdalom » qu’il joue au piano et au ténor est également grandiose, « morceau typique de la nostalgie magyare, avec ses gammes fluides, modales et mélancoliques ». Un sommet.


Pour finir sur un standard, « Stella by Starlight », une régalade au piano/ténor. Vraiment un chouette album aux atours qui méritent détours et retours.

xeres
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le 3 mai 2026

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