Quand je l'ai vu en concert au Café de la Danse à Paris, je pensais beaucoup à la phrase de Stig Dagerman : "la perfection est ce qui œuvre à l'état de repos". L'homme a une longue barbe et ressemble moins à un pianiste qu'à un bucheron scandinave et semble plus proche de découper un sequoia géant qu'à faire tomber son doigt à l'exact endroit d'une touche de piano, mais pourtant il se passe quelque chose quand il joue. Pendant le concert, j'étais assez proche pour entendre le cliquetis des marteaux, le bruit d'étoffe caressé que faisait l'instrument et j'y pense souvent. A la fin, quand il s'est levé pour partir, un homme du premier rang a volé les partitions que le musicien avait à ses pieds tout du long. Je me demande où elles sont et ce qu'il en a fait finalement.