Cet album de Mac DeMarco n’est pas à prendre à la légère, même si la légèreté est toujours son leitmotiv.


Après « This Old Dog » (Captured Tracks, 2017), le clip de On The Square à l’ambiance lynchienne et celui de Nobody annonçaient la mise en scène d’un passage, d’un choix à opérer. Comme souvent Mac DeMarco se maquille pour mieux se déshabiller. Cet album n’est pas une suite, mais une pause (enregistré en 2 semaines dans son garage de Los Angeles) sans doute obligatoire pour cet auteur qui s’approche dangereusement des 30 ans à la sortie de cet album.


Here Comes The Cowboy sont les seuls mots d’introduction d’un album où le funk se balade parfois parmi les habituelles mélodies de Roland, Moog, pédales Chorus et Vibrato. La matière est très personnelle comme toujours, il est seul ou presque sur chaque instrument, le tout sur son propre label Mac’s Records Label (créé pour l’occasion). Mac DeMarco est peut-être arrivé au bout de ses précédents albums comme de ses dernières tournées, l’heure est à l’Efferalgan mais la gueule de bois demeure.


On entend des oiseaux sur Preoccupied, cette douceur de matinée dominicale est trompeuse, le propos est terriblement touchant et préoccupant : « open your mind, filled it with bullshit » (…) « it must be a sign, the days that we’re living in ». Le titre Chouchou n’est pas plus rassurant, parenthèse déroutante et au final mortifère de moins de 3mn sur basse funk. Cette face A avec le titre K (Kay ? Ketamine ?) se termine avec un Mac mis à nu, sans humour, sans second degré, un morceau simple et magistral comme peut le faire DeMarco, l’espoir est possible (et magnifique) : « take this song, and let it play ».


La face B rappelle beaucoup plus ses mélodies habituelles, la mélancolie est toujours là mais à l’image de All Of Our Yesterdays tout redevient possible. Skyless Moon prolonge la même volonté (de s’en sortir ?) : « maybe spring will change up your tune »…


L’épilogue est si (trop) vite arrivé, « bye bye, baby, baby, bye bye », le générique défile, les spectateurs se lèvent, sans attendre le morceau caché carrément funky de fin de soirée.


Ce homemade prouve une fois de plus la maîtrise certaine de ce multi-instrumentiste. Le moment était agréable mais déroutant.

Sugar-Kane
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le 17 mars 2026

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Sugar Kane

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